Brexit: un budget du gouvernement aux airs d'exercice d'équilibriste

mardi, 22.11.2016

Pour son premier budget depuis le vote pour le Brexit, le gouvernement britannique devrait privilégier une dose d'investissements et de coups de pouce fiscaux plutôt qu'un plan de relance massif, quitte à tolérer un dérapage des finances publiques.

Cinq mois après le référendum qui a vu les Britanniques voter pour sortir de l'Union européenne, l'économie n'a pas connu le trou d'air craint par nombre d'analystes. Ce qui ne les empêche pas de prédire un ralentissement marqué à partir de l'année prochaine

Pour son premier budget depuis le vote pour le Brexit, le gouvernement britannique devrait privilégier une dose d'investissements et de coups de pouce fiscaux plutôt qu'un plan de relance massif, quitte à tolérer un dérapage des finances publiques.

Cinq mois après le référendum qui a vu les Britanniques voter pour sortir de l'Union européenne, l'économie n'a pas connu le trou d'air craint par nombre d'analystes. Ce qui ne les empêche pas de prédire un ralentissement marqué à partir de l'année prochaine, lorsque Londres commencera les complexes discussions de sortie avec Bruxelles.

Le défi posé au ministre des Finances Philip Hammond relève dès lors du casse-tête: mettre la main à la poche pour rassurer entreprises et consommateurs mais sans plomber les comptes de l'Etat, qui se sont quelque peu redressés grâce à des années d'austérité.

"Au vu de toutes les incertitudes entourant le Brexit, Hammond a du pain sur la planche", résume Fiona Cincotta, analyste chez City Index. Avant d'estimer: "On devrait voir la fin d'années d'austérité avec une priorité affichée pour la dépense".

Après le séisme du référendum du 23 juin, Theresa May est devenue Première ministre avec la promesse d'écouter le message d'une frange de l'électorat s'estimant laissé pour compte de la croissance britannique. Des mesures de soutien aux familles les plus modestes pourraient donc être annoncées mercredi, au moment où leur pouvoir d'achat est menacé par une poussée de l'inflation liée à la chute de la livre.

Dans un discours lundi devant le patronat, Mme May a présenté quelques grandes lignes de ce premier exercice budgétaire, comme un investissement public dans la recherche et développement de deux milliards de livres (2,3 milliards d'euros) supplémentaires par an.

Des dépenses dans les réseaux routiers (1,3 milliard de livres) et internet (1 milliard de livres) devraient aussi être mis en avant.

Garder des munitions


Les nouvelles dépenses devraient toutefois être modestes au vu de l'étroitesse des marges de manoeuvres budgétaires.

M. Hammond a certes déjà abandonné l'objectif de son prédécesseur George Osborne de présenter des comptes équilibrés à l'horizon 2019-2020, ce qui l'autorise à prendre quelques libertés vis-à-vis de la gestion des déficits.

Mais les annonces de mercredi devraient s'accompagner d'une dégradation des perspectives de croissance, et donc des prévisions de recettes fiscales, ce qui devrait interdire de grandes largesses.

Kit Juckes, analyste à la Société Générale, souligne que "les finances publiques ne sont pas en bon état" et que le chancelier de l'Echiquier "n'a pas envie d'augmenter l'emprunt de façon marquée".

Le ministre des Finances a d'ailleurs rappelé lui-même ce week-end que le ralentissement économique était "un défi de taille pour les finances publiques", laissant entendre que des mesures d'économies pourraient aussi être présentées.

Sur le plan fiscal, une partie de la presse s'est faite l'écho d'un possible abaissement à 15% de l'impôt sur les sociétés, qui ramènerait le taux au niveau de celui promis par Donald Trump aux Etats-Unis, mais une porte-parole de Theresa May a semblé écarter cette possibilité.

L'impôt britannique sur les sociétés est actuellement de 20% et doit passer à 17% d'ici à 2020, ce qui en fera déjà le niveau le plus faible de tous les pays riches et émergents du G20.

La bonne tenue de l'activité depuis la fin juin pourrait cependant aider le gouvernement à retarder toute mesure majeure, en attendant d'y voir un peu plus clair une fois entré dans le vif du sujet avec Bruxelles.

M. Hammond "pourrait être tenté par la prudence lors de la déclaration d'automne et laisser quelques décisions d'ampleur pour le prochain budget de printemps", juge ainsi Howard Archer, économiste chez IHS Markit. - (awp)


 

 
 



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