L'indépendance de la Fed a rarement été autant en danger

mardi, 22.11.2016

Pour le Prix Nobel d'économie Michael Spence, l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ainsi que la majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès américain suscitent de vives inquiétudes quant à l'indépendance de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Pour Michael Spence, le fait qu'il existe même une chance de 25% de voir la banque centrale entravée dans sa capacité d'agir de manière indépendante lorsque c'est nécessaire doit être pris très au sérieux.

L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ainsi que la majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès américain suscitent de vives inquiétudes quant à l'indépendance de la Réserve fédérale américaine (Fed). Pour le Prix Nobel d'économie Michael Spence, il s'agit d'une question de la plus haute importance, le Congrès étant habilité à modifier la Charte de la Fed.

"Je ne prédis pas qu'une telle chose va arriver, et avant que cela n'arrive, au premier mouvement dans ce sens, une multitude de voix vont s'élever aux Etats-Unis et ailleurs, pour leur dire d'y penser à deux fois", a confié M. Spence à AWP en marge du Lantern Fund Forum qui se tient jusqu'à mardi à Lugano.

L'universitaire américain reconnaît cependant que l'indépendance de la Fed est plus en danger maintenant qu'elle ne l'a été "depuis un bout de temps", avec un futur président et plusieurs membres du Congrès ayant manifesté leur mécontentement à son égard.

Au cours de sa campagne, le candidat républicain avait eu des mots très durs à l'encontre de la présidente de la Fed, Janet Yellen, l'accusant d'être à la botte de l'actuel président Barack Obama, responsable selon lui de la politique de taux bas.

Pour Michael Spence, le fait qu'il existe même une chance de 25% de voir la banque centrale entravée dans sa capacité d'agir de manière indépendante lorsque c'est nécessaire doit être pris très au sérieux.

Il rappelle que la Fed et les autres banques centrales effectuent des tâches cruciales pour le bon fonctionnement de l'économie. Celle-ci est "régulièrement confrontée à des crises de liquidités, et sans même que le public s'en rende compte, ces banques interviennent et organisent le secteur de manière à y mettre fin", a expliqué le Prix Nobel.

Si la Fed avait été paralysée de la même manière que le système politique, "nous serions tous économiquement morts", a-t-il averti. Les responsables des banques centrales doivent avoir le droit à l'erreur, car elles doivent souvent agir dans l'urgence et ne peuvent pas s'offrir le luxe de débattre à l'image d'autres institutions, estime M. Spence. - (awp)


 

 
 



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