Pour en finir avec le steak

mardi, 21.07.2020

L’image de l’élevage, surtout à grande échelle, s'est encore ternie avec la crise sanitaire. L'alternative des steaks de laboratoire devra encore attendre pour se démocratiser. Mais pour patienter, on peut se faire les dents avec les simili-viandes végétales. L'édito de Sophie Marenne.

Sophie Marenne

Jusqu’à 4,5 milliards d’humains confinés chez eux, plus de 600.000 morts, un marasme économique global, ... La crise sanitaire due au Covid-19 a de nombreuses conséquences. L’une d’entre elles, plus inattendues, est le désamour pour la viande.  

Le coronavirus est une zoonose: une maladie infectieuse d’origine animale transmissible à l’être humain. Comme la rage, le SRAS, le VIH ou Ebola. «Si nous continuons à exploiter la faune et le bétail (...), nous pouvons nous attendre à voir un flux constant de ces maladies passer des animaux aux humains dans les années à venir», décrit Inger Andersen, la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). 

Trop polluant au regard du CO2 émis, trop irrespectueux du bien-être animal, pour des produits trop riches en graisse: l’image de l’élevage, surtout à grande échelle, se ternit encore avec l’étiquette de réservoir à virus. Pourtant la consommation en Suisse ne faiblit pas. Ou si peu, de l’ordre de 1,5% par an. Dans les abattoirs du pays, plus de 60 millions d’animaux sont tués chaque année. 

Quel argument pourrait convaincre la population de diminuer la portion de barbaque qu’elle met sur le grill? Aucun. Parce que la nourriture, ce n’est pas vraiment raisonnable. Le succès du Nutella, ses 56,3% de sucre et 30,9% de matière grasse en est la preuve: on choisit ce qu’on mange avec les yeux et l’estomac. Pas la tête.   

Alors, il ne reste plus qu’à patienter. D’ici cinq à dix ans, la démocratisation des steaks de laboratoire se concrétisera. Et en attendant, pour faire plaisir aux habitudes de nos papilles mais aussi à nos consciences, on peut se faire les dents avec les simili-viandes à base de protéines végétales, toutes plus «impossible», «incredible» ou «sensational» les unes que les autres. 

Lire la suite de notre point fort: La Suisse réunit tous les acteurs pour dominer le monde sans viande de demain






 
 

AGEFI



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