La résilience de l’ISR face à la crise

mardi, 04.08.2020

Pour atteindre les Objectifs de développement durable de l’ONU d’ici 2030, il faut trouver 2500 milliards d’euros. Principalement sur les marchés cotés.

Olivier de Berranger*

Olivier de Berranger

Les grandes crises peuvent agir comme des accélérateurs de changement. Et livrer de précieux enseignements. Dans un monde confiné par une pandémie, les marchés financiers ont enregistré au premier trimestre 2020 la chute la plus rapide de leur histoire, -20% en 20 jours.

Investisseurs en entreprises, nous nous sommes intéressés à la réaction boursière des entreprises en portefeuille face à la crise. Celle-ci est riche d’enseignements sur la résilience des meilleurs profils ESG. Les entreprises dotées d’une solide gouvernance et donc d’une bonne maîtrise des risques extra-financiers étaient mieux préparées pour affronter une crise de cette ampleur et se sont donc adaptées avec une plus grande agilité. Plusieurs facteurs expliquent cette surperformance. Les entreprises dotées des meilleurs profils ESG sont majoritairement des entreprises de qualité avec de solides bilans. Le risque de liquidité, élevé durant la crise, a incité le marché à plébisciter ces sociétés, perçues comme des valeurs refuges. Les flux d’achats, qui se dirigent de plus en plus vers les valeurs bénéficiant des meilleures notes ESG, ne se sont pas taris, au contraire (+30 milliards d’euros selon Morningstar).

La résilience de l’ISR s’explique aussi par la bonne gestion des risques extra-financiers, essentielle dans un contexte de crise. Les entreprises dotées de politiques de protection des salariés et des clients et/ou environnementales matures ont rebondi plus vite. 

Les entreprises qui sortiront renforcées de la crise seront celles qui ont su se mobiliser pour combattre la pandémie, à l’image d’Air Liquide qui a produit des respirateurs, et celles qui inscrivent leur stratégie à long terme.

Les investisseurs ne s’y trompent pas. Le poids de l’investissement responsable est ainsi passé en France de 1000 milliards d’euros fin 2016 à 1860 milliards fin 2019 (1). Un enjeu d’avenir pour la gestion d’actifs qui ouvre des perspectives de croissance, notamment sur le terrain de l’investissement à impact.

La finance à un rôle crucial à jouer pour créer un écosystème plus durable et plus résilient, et construire le monde d’après, tout particulièrement l’investissement à impact sur les marchés cotés, indispensable à nos yeux au financement des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Pour les atteindre d’ici 2030, 2500 milliards sont nécessaires. On estime que 91% de ces besoins ne pourront être financés que par les marchés cotés.

* Directeur général délégué de La Financière de l’Echiquier

(1) AFG et FIR, mai 2020






 
 

AGEFI



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