Refrain: la hausse des taux devra patienter

jeudi, 31.01.2019

Politique monétaire. Le retour à la normalité devrait encore attendre au-delà de 2019.

Daniel Varela*

Le cycle économique prend de l’âge, notamment dans les pays qui ont rebondi très tôt au lendemain de la crise de 2008 comme les Etats-Unis. Pourtant, les taux de référence des grandes banques centrales restent au plancher, à l’exception notable des taux américains. Sous l’impulsion de la Réserve fédérale américaine, 2018 devait être l’année du grand virage en matière de normalisation des politiques monétaires. Or, avec le ralentissement économique en cours et les développements sur le front de l’inflation, il semble que le retour à la normalité doive encore attendre au-delà de 2019. 

Car l’inflation pourrait connaitre une nouvelle glissade. Certes, les rémunérations commencent à accélérer dans les pays industrialisés. Cette tendance est évidente aux Etats-Unis, où les salaires horaires ont progressé de plus de 3% sur les douze derniers mois. Elle est également observée en Europe, mais avec des rythmes de progression moindres. Cependant, dans un monde toujours plus digitalisé, ces pressions salariales filtrent moins que par le passé dans la chaîne de transmission des prix. La concurrence, notamment au travers du commerce en ligne, continue en effet d’exercer une importante pression sur les prix des biens et services. Et le plongeon récent des cours de l’énergie augure d’un retournement à la baisse des statistiques d’inflation qui, dans le meilleur des cas, ont péniblement atteint l’objectif de 2% visé par les principales banques centrales. 

Options de soutien

La Fed semble déjà avoir décidé d’une pause, ce qui pourrait bien entraîner un gel des politiques monétaires dans le reste du monde. La Banque Centrale Européenne, qui vient à peine de mettre fin à son programme de rachat d’actifs, semble considérer de nouvelles options de soutien en cas de ralentissement trop prononcé de l’activité et/ou de l’inflation. La période de taux bas devrait donc se prolonger en Europe et au Japon, limitant le potentiel de performance des emprunts gouvernementaux. 

C’est également le cas en Suisse, où les investisseurs se résignent face à une situation durable de rendements négatifs sur les bons de la Confédération. Après la forte augmentation des primes de risque sur les obligations de moindre qualité en 2018, ce segment est celui qui offre les meilleures perspectives sur le marché obligataire. On parle notamment des emprunts de sociétés américaines et de la dette émergente, qu’elle soit émise dans une monnaie forte ou en monnaie locale.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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