Attention à ne pas mélanger le risque et la volatilité

jeudi, 10.01.2019

Plutôt que de se protéger de la volatilité des marchés, l’investisseur doit exploiter les opportunités d’investissement.

Juan Nevado*

Plutôt que de se protéger de la volatilité des marchés, les investisseurs devraient chercher à exploiter les opportunités d’investissement qui s’y présentent, tout en agissant toujours de manière cohérente et rationnelle. Il est important de ne pas confondre volatilité et risque. Alors que le risque est la possibilité d’une perte permanente de capital, la volatilité est simplement la fluctuation du prix de l’actif. 

Ne pas céder à l’émotion

Le sentiment des investisseurs est devenu de plus en plus négatif l’an dernier, car les nouvelles ont été dominées par une variété de facteurs inquiétants et presque toutes les catégories d’actifs ont chuté. Lorsque les prix évoluent de cette façon, les investisseurs devraient toujours se demander si les changements sont justifiés par une modification des faits ou si les participants au marché laissent leurs émotions prendre le dessus. 

Les prix de décembre suggèrent que les investisseurs s’attendent à une récession imminente. Cependant, les faits ne semblent pas concorder avec leur appréciation. Certes, le rythme de l’activité économique s’est ralenti, mais l’économie mondiale continue de croître, de même que les bénéfices des sociétés à l’échelle mondiale, bien qu’à un rythme plus lent que plus tôt dans l’année. 

La volatilité en 2018 peut s’expliquer au moins en partie par la présence d’un comportement irrationnel à court terme de la part des investisseurs, déclenché par les mauvaises nouvelles qui font la une des journaux. Je crois que l’ampleur des mouvements récents des prix des actifs, en particulier des actions non américaines et des actifs des marchés émergents, constitue une réaction excessive et donc une opportunité. 

Pour rebondir sur ce point, ma philosophie d’investissement repose en grande partie sur la comparaison des valorisations relatives des différentes classes d’actifs et sur l’évaluation des raisons rationnelles pour lesquelles certains investissements semblent moins chers ou plus chers. L’un des principaux facteurs à considérer est le rendement des bénéfices, c’est-à-dire la rémunération que le marché exige pour posséder un actif particulier. 

Depuis que le cours des actions a chuté récemment, même si les bénéfices des sociétés ont continué d’augmenter, le rendement des bénéfices boursiers a augmenté et les actions sont devenues moins chères. À mon avis, les investisseurs sont actuellement surcompensés pour le risque qu’ils prennent en détenant des actions. En effet, les actions sont maintenant évaluées de la même façon qu’en janvier 2016, après le sell-off lié aux craintes sur la Chine, malgré l’amélioration des bénéfices des entreprises et des données économiques.

Pas d’actifs sans risque

Inversement, de nombreux secteurs des marchés obligataires semblent surévalués, les investisseurs ayant acheté des actifs dits «refuges» afin d’éviter le risque. C’est lorsque les investisseurs commencent à croire qu’un actif est considéré comme «sans risque» qu’il peut être le plus risqué, les prix étant injustifiés par les perspectives fondamentales. Je pense que c’est actuellement le cas pour la plupart des obligations d’État des marchés développés, en particulier en Allemagne, au Royaume-Uni, en France et au Japon. Après des années d’assouplissement quantitatif, les rendements restent très bas dans ces zones et semblent vulnérables à la faiblesse des prix dès que les autorités monétaires entament le processus de «normalisation» de leurs taux d’intérêt. Cela pourrait signifier que ces refuges traditionnels ne le sont pas.

L’exception est le marché du Trésor américain, qui semble à sa juste valeur.

La volatilité engendre des opportunités

Dans l’environnement politique actuel, il est toujours possible que les perspectives deviennent rapidement positives et négatives. Bien que la volatilité récente puisse sembler inconfortable pour les investisseurs, je préfère croire qu’elle présente des occasions de placement intéressantes. Parmi ceux-ci, j’inclurais les marchés d’actions de l’Europe, de la Corée et de la Russie, ainsi que les obligations d’État de l’Italie et de certains marchés émergents.

*M&G Investments






 
 

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