Affaire Crypto: la Suisse interpellée par plusieurs pays

samedi, 22.02.2020

Plusieurs pays se sont manifestés auprès du Département fédéral de la défense pour obtenir plus d'explications sur les révélations d'espionnage de la société Crypto.

Plusieurs pays ont interpellé la Suisse suite aux révélations d'espionnage par Crypto. (Keystone)

Plusieurs pays ont interpellé la Suisse suite aux révélations d'espionnage de nombreux pays par les services de renseignements allemands et américains via l'entreprise zougoise Crypto. C'est ce qu'a indiqué samedi un porte-parole du Département fédéral de la défense aux journaux alémaniques de Tamedia.

Il y a eu "quelques réactions d'Etats tiers envers la Suisse", indique le porte-parole, cité dans l'article. Il n'est pour l'instant pas encore clair quels pays sont intervenus et quelles ont été leurs réactions.

Selon les journaux, l'Iran, des gouvernements sud-américains ainsi que l'Inde et le Pakistan figureraient parmi les pays espionnés. La semaine passée, la porte-parole du Conseil fédéral, André Simonazzi, avait indiqué n'avoir reçu aucune réaction d'Etat potentiellement visé par l'espionnage.

La CIA et les services de renseignement allemands (BND) auraient, durant des dizaines d'années, intercepté des milliers de documents via les appareils de chiffrement de l'entreprise Crypto. Grâce à des appareils truqués, la CIA et le BND ont écouté les conversations de plus de 100 Etats étrangers.

Les deux services de renseignement ont acheté l'entreprise zougoise à parts égales en 1970, en passant par une fondation du Liechtenstein. Le BND a quitté l'opération en 1993. Mais les Etats-Unis ont prolongé les écoutes jusqu'en 2018 au moins, selon des recherches conjointes de l'émission de la SRF Rundschau, de ZDF et du Washington Post.

Selon leurs recherches, les autorités suisses auraient été au courant de l'espionnage, ce qu'ont récemment nié plusieurs anciens conseillers fédéraux. Le Conseil fédéral a commandé une enquête qui sera chapeautée par l'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer. Son rapport est attendu en juin. (awp)






 
 

AGEFI



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