Plus de 3,2 milliards d'euros pour l'"Airbus des batteries électriques"

lundi, 09.12.2019

L'UE veut mener un projet de développement de batteries Li-ion pour les transports avec une plus longue durée de vie et qui sont plus respectueuses de l'environnement que les batteries actuelles.

Ce "projet important d'intérêt européen commun" comptera 17 participants directs de toute la filière, comme le constructeur automobile BMW ou les chimistes BASF et le belge Solvay. (Keystone)

Une aide colossale de 3,2 milliards d'euros pour développer une filière européenne des batteries électriques: Bruxelles a donné son feu vert à cet "Airbus des batteries", qui entend concurrencer l'Asie pour des transports plus propres.

Le versement de cet argent public, par sept Etat membres dont l'Allemagne et la France, à un consortium de 17 entreprises, a été autorisé lundi par la Commission européenne.

Cette aide doit engendrer la mobilisation de "5 milliards d'euros supplémentaires en investissements privés", ce qui permettra aux Européens, espère Bruxelles, de faire face aux producteurs chinois, très en avance dans ce secteur.

Dans le détail, l'Allemagne est autorisée par Bruxelles à investir jusqu'à 1,25 milliard d'euros. Viennent ensuite la France (960 millions), l'Italie (570 millions), la Pologne (240 millions), la Belgique (80 millions), la Suède (50 millions) et la Finlande (30 millions).

Ce "projet important d'intérêt européen commun" (PIIEC) comptera 17 participants directs de toute la filière, comme le constructeur automobile BMW ou les chimistes BASF et le belge Solvay, mais aussi des petites et moyennes entreprises (PME).

Ces entreprises collaboreront "étroitement les unes avec les autres et avec plus de 70 partenaires externes", des entreprises mais aussi "des organismes publics de recherche de toute l'Europe", selon le communiqué de Bruxelles.

"L'aide autorisée permettra de garantir que ce projet important ira de l'avant sans fausser indûment la concurrence", a estimé la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

L'objectif du projet, qui court jusqu'en 2031, est de développer les batteries Li-ion "qui ont une plus longue durée de vie", "se rechargent plus vite" et "sont plus sûres et plus respectueuses de l'environnement que les batteries actuellement sur le marché".

"Risques financiers"

"La demande de batteries devrait augmenter très rapidement au cours des années à venir", anticipe la Commission.

Or, le retard des pays européens dans le secteur des batteries, en particulier face à la Chine, est régulièrement relevé par les acteurs du secteur automobile.

Selon la Commission, les "risques technologiques et financiers importants" qui accompagnent ce vaste projet justifient l'octroi d'une telle aide publique.

Mais "une part importante des bénéfices supplémentaires réalisés par les participants sera partagée avec les contribuables grâce à un mécanisme de récupération", indique-t-elle.

Cela signifie que si les projets "dégagent des revenus nets supplémentaires dépassant les projections, les entreprises restitueront aux États membres respectifs une partie de l'argent perçu auprès des contribuables".

Le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, s'est félicité de ce "grand succès", dans un communiqué.

"Toute la chaîne de valeur de la filière des batteries pourra se déployer sur le sol européen, permettant ainsi de maintenir une production industrielle solide en Europe", a pour sa part insisté le ministère français de l'Economie dans un communiqué.

"L'émergence de la filière européenne de batteries contribuera à la réalisation de l'objectif fixé par l'Union européenne de devenir le premier continent neutre en carbone d'ici à 2050, a-t-il ajouté.

Bruxelles souligne que le projet vise à "améliorer la durabilité environnementale" de la production, en réduisant son empreinte carbone et la quantité de déchets, mais aussi en mettant au point le démantèlement des batteries et leur recyclage.

La lutte contre le réchauffement climatique fait partie des priorités de la Commission, qui doit présenter mercredi ses premières mesures en la matière. (awp)






 
 

AGEFI




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