Pierres et terres: des minéraux précieux

mercredi, 20.03.2019

Gregory Bovay*

Gregory Bovay

Deuxième ressource la plus consommée derrière l’eau, la garantie de l’approvisionnement en matériaux pierreux est d’importance nationale.

Le 10 février dernier, les citoyens suisses ont rejeté à 63,7% l’initiative populaire «Stopper le mitage – pour un développement durable du milieu bâti (initiative contre le mitage)». Ce refus très clair a été un véritable soulagement pour les plus de 500 gravières et usines de béton en Suisse, employant environ 4’000 personnes, qui garantissent l’approvisionnement durable de la Suisse en matières premières minérales et répondent aux besoins liés à la construction. En effet, le patrimoine bâti suisse est un colosse d’environ 3200 millions de tonnes de matériaux de construction; la consommation annuelle de béton représente 40 millions de tonnes, le sable et le gravier consommant à eux deux environs 6.5 millions de tonnes.

Le besoin en matières premières minérales n’est pas seulement destiné à la construction de logements dont le nombre n’a cessé de croître, du fait de l’évolution démographique. Ces matériaux permettent aussi de construire l’ensemble des infrastructures telles que les écoles, les hôpitaux, les routes ainsi que des voies ferrées dont le besoin en ballast peut atteindre 10 mille tonnes par kilomètre. En résumé, c’est plus de 5m3 par habitant et par an qui est consommé. Il s’agit de la deuxième ressource la plus demandée derrière l’eau et devant les agents énergétiques fossiles.

Revers de la médaille, le secteur de la construction est le premier producteur de déchets en Suisse. Outre l’important volume de matériaux d’excavation et de percement (57 millions de tonnes, soit 65 % de la production totale de déchets), il génère chaque année quelque 17 millions de tonnes de matériaux de déconstruction (soit 19 %).

Cela étant sur le total de ces déchets, plus des deux tiers des matières premières sont déjà réinjectées dans le circuit économique. Ainsi, près de 70 % des matériaux de déconstruction sont recyclés. Ce taux de recyclage monte même à 75 % pour les matériaux d’excavation et de percement. Le reste des matériaux non recyclables sont éliminés en décharge selon le type de déchets, catégorisé selon l’ordonnance sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED).Une autonomie dansl’approvisionnement

Si les professionnels de la branche partagent les objectifs principaux des règles sur l’environnement et en particulier celles de l’OLED (exploiter durablement les matières premières, valoriser autant que possible les déchets, assurer la sécurité de l’élimination des déchets en respectant l’environnement), ils souhaitent aussi garantir au maximum une autonomie indigène dans l’approvisionnement. Or, pour obtenir un permis d’exploiter en terres vaudoises par exemple, la durée de l’élaboration d’un dossier menant à l’enquête publique varie généralement entre 5 et 15 ans. Ajouté à cela les procédures de recours, il faut compter parfois entre 10 et 20 ans pour obtenir le sésame qui permet d’exploiter sa décharge ou sa gravière pour une période de 5 ans renouvelable. Pendant ce temps-là et chaque année, c’est plus de 52.000 camions français (100.000 passages) engendrant de la pollution, du bruit et engorgeant les routes qui importent des matériaux que nous pourrions produire. Dans son programme de gestion des carrières 2016, le Canton de Vaud affirme que 32 nouveaux sites seront développés dans les vingt ans à venir. Puissent tous les acteurs faire en sorte de travailler en ce sens pour répondre, dans le respect de l’environnement, aux besoins de la population, de l’économie.

* Centre Patronal






 
 

AGEFI



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