Wall Street en ordre dispersé

lundi, 04.05.2020

Washington a durci le ton contre Pékin le week-end dernier en affirmant disposer de preuves que le nouveau coronavirus provenait d'un laboratoire de la ville de Wuhan. Wall Street en baisse.

La Bourse de New York avait terminé nettement dans le rouge vendredi, mais avait affiché une très forte progression sur le mois d'avril. (Keystone)

Wall Street évoluait en ordre dispersé lundi, observant l'escalade des tensions entre Washington et Pékin sur fond d'accusations américaines autour de l'origine supposée du nouveau coronavirus.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait vers 15h20 de 0,62%, à 23.576,50 points.

L'indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, cédait 0,23% à 2.824,06 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, progressait en revanche de 0,57% à 8.570,51 points. L'indice était soutenu par la bonne santé de géants comme Microsoft (+1,32%), Amazon (+1,52%) ou Netflix (+2,22%).

La Bourse de New York avait terminé nettement dans le rouge vendredi, mais avait affiché une très forte progression sur le mois d'avril, le Dow Jones grimpant de 11,1% et le Nasdaq de 15,4%.

Washington a durci le ton contre Pékin le week-end dernier en affirmant disposer de preuves que le nouveau coronavirus provenait d'un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a ainsi accusé la Chine de mettre "le monde en danger" à cause de "laboratoires ne respectant pas les normes."

La télévision publique chinoise CCTV a dénoncé lundi les propos "déments et imprécis" du "malfaisant Pompeo" qui "crache son venin et répand des mensonges sans raison."

Le président américain Donald Trump avait pour sa part dit envisager des taxes punitives contre Pékin la semaine dernière.

Cette menace de sanctions a également été évoquée lundi par le secrétaire américain au Trésor au sujet de l'accord commercial préliminaire entre les deux puissances.

Si Pékin ne respecte pas ses engagements pris en janvier d'acheter davantage de produits américains, elle s'expose à des représailles, a affirmé Steven Mnuchin.

Tyson Foods plonge

La place new-yorkaise réagissait également à des propos de Warren Buffett samedi lors de l'assemblée générale de sa holding Berkshire Hathaway.

L'investisseur milliardaire, dont la moindre déclaration est scrutée par les marchés, s'est dit convaincu que "le miracle américain prévaudra(it) à nouveau" à l'issue de la crise économique liée au coronavirus.

Mais "l'Oracle d'Omaha" a aussi révélé que Berkshire avait vendu en avril tous ses avoirs détenus dans les grandes compagnies aériennes américaines, frappées de plein fouet par le net ralentissement du transport.

Les titres d'American Airlines (-5,55%), Delta Air Lines (-6,84%), United Airlines (-5,630%) et Southwest Airlines (-5,42%) étaient d'ailleurs tous nettement dans le rouge lundi en début de séance.

"Nous sommes surpris que le marché n'affiche pas une humeur plus pessimiste au regard des propos de M. Buffett, qui a dit ne voir aucun investissement attractif pour le moment", juge Patrick O'Hare de Briefing.

Les acteurs du marché observaient également la situation dans de nombreux Etats américains qui ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement afin de relancer l'économie.

Parmi les valeurs du jour, le géant américain de la viande Tyson Foods chutait de 7,57%.

L'entreprise a fait part lundi d'un fort recul de son chiffre d'affaires trimestriel en raison du dérèglement de la chaîne d'approvisionnement et de distribution alimentaire après la fermeture de plusieurs abattoirs menacés par la propagation du coronavirus.

Donald Trump a toutefois signé un décret la semaine dernière pour ordonner aux usines d'abattage et de transformation des bovins, porcs et volailles de rester ouverts malgré la pandémie.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine progressait, à 0,6431% contre 0,6118% vendredi soir. (awp)






 
 

AGEFI



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