Affaire Petrobras: un ex-cadre d'Odebrecht pointe du doigt des banques suisses

jeudi, 18.05.2017

Petrobras. Selon le délateur, un système complexe a été mis en place entre les activités d'Odebrecht Brésil et un réseau de comptes bancaires en Suisse servant à camoufler les paiements.

Le repenti affirme également que PKB encaissait une commission de 1,5% sur les transactions, dont une partie - non spécifiée - revenait à l'établissement et une autre à un représentant local de la banque, qui la partageait alors avec trois ex-employés de Odebrecht. - (Keystone)

Les banques suisses utilisées par le groupe brésilien Odebrecht pour cacher ses avoirs et verser des dessous de table dans le cadre du méga-scandale Petrobras auraient encaissé des commissions sur chaque transaction effectuée et omis de signaler le groupe comme titulaire dans leurs dossiers. Une partie de l'argent était réparti entre le gérant du compte et l'opérateur impliqué dans l'affaire de corruption, affirme un ex-directeur du géant sud-américain du BTP arrêté en février dernier à Genève.

Selon le délateur, un système complexe a été mis en place entre les activités d'Odebrecht Brésil et un réseau de comptes bancaires à l'étranger servant à camoufler les paiements. Sa déclaration est cependant la première à mettre directement en cause des banques suisses, pouvait-on lire jeudi sur le site du quotidien "Estado de São Paulo".

L'ex-cadre d'Odebrecht cite notamment le cas de quatre entreprises offshore - Golac, Smith&Nash, Drumilan et Sherkson - ayant utilisé pendant quatre ans des comptes ouverts auprès de la banque privée tessinoise PKB, tous bloqués par les autorités helvétiques ou fermés en 2015. Odebrecht n'a jamais figuré dans les registres de l'établissement comme ayant droit de ces comptes.

Le repenti affirme également que PKB encaissait une commission de 1,5% sur les transactions, dont une partie - non spécifiée - revenait à l'établissement et une autre à un représentant local de la banque, qui la partageait alors avec trois ex-employés de Odebrecht.

L'ex-directeur cite également la banque genevoise Pictet, par laquelle transitaient les mouvements de trois sociétés offshore, qui là encore, ne mentionnaient pas Odebrecht comme titulaire. "Mais en 2015, la banque a contraint Odebrecht à reconnaître qu'elle était le bénéficiaire des comptes". Ceux-ci ont tous été bloqués par les autorités helvétiques en 2015.

Cas isolé


PKB insiste sur le fait que le cas relaté n'est pas une pratique généralisée, comme la déposition pourrait le laisser penser. "Un employé a violé des règles internes" a assuré l'établissement tessinois au quotidien brésilien. "La banque n'a pas encaissé de commission en plus du prix ordinaire lié à la réception ou à l'envoi de fonds, ou tout autre type de service", a-t-elle ajouté.

Pictet de son côté a une nouvelle fois fait savoir qu'"en accord avec sa politique, (la banque) ne commente pas des investigations en cours", mais qu'elle entend remplir ses obligations juridiques, "si elle est sollicitée et dans la mesure où cela est approprié".

Le quotidien brésilien rappelle que le Ministère public de la Confédération (MPC) a identifié des mouvements de suspects dans l'affaire "lavage rapide" (lava jato) dans 42 banques suisses et a ordonné le gel de plus de 1 mrd USD déposés sur plus de mille comptes.

De son côté, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) a passé au peigne fin les activité d'une vingtaine d'établissements dans le cadre de cette affaire, dont trois sont encore sous enquête, selon le journal brésilien. - (awp)


 

 
 

 
 

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