Rumeurs de cessions: le patron de Fiat Chrysler s'explique

dimanche, 03.09.2017

Pas de projet de vente des marques Maserati et Alfa Romeo, aucune offre en provenance de la Chine... Le patron de Fiat Chrysler (FCA), Sergio Marchionne, a clarifié samedi la situation après les récentes rumeurs ayant touché le constructeur italo-américain.

FCA vend actuellement 4,5 millions de voitures par an sous les marques Fiat, Chrysler, Jeep, Dodge, RAM, Alfa Romeo et Maserati. Le groupe est dirigé par Sergio Marchionne. (Keystone)

Première mise au point de Sergio Marchionne patron de Fiat Chrysler (FCA): son groupe ne prévoit pas pour l'heure la vente de son pôle haut de gamme Maserati et Alfa Romeo, une éventualité récemment évoquée par la presse.

"En l'état actuel des choses, il est presque impossible, si ce n'est complètement impossible, d'envisager une scission d'Alfa et Maserati, qui sont deux réalités fondamentalement immatures", a-t-il ainsi déclaré à des journalistes en marge des essais du Grand Prix de Formule 1 de Monza, dans le nord de l'Italie.

M. Marchionne n'a toutefois pas écarté définitivement l'hypothèse en indiquant que "si une option existe, elle se fera sûrement après moi, après que je sois parti".

Agé de 65 ans, le dirigeant italo-canadien, qui a pris en juin 2004 les commandes du groupe italien Fiat, qui a fusionné en 2014 avec l'américain Chrysler, doit quitter ses fonctions en 2019.

Une vente des deux marques pourra être envisagée lorsque qu'elles "auront des muscles suffisants pour rester debout, lorsqu'elles généreront de l'argent de façon importante toutes seules", a souligné ainsi M. Marchionne.

L'ensemble Alfa Romeo-Maserati pourrait valoir quelque 7 milliards d'euros.

Contrôlé par la famille italienne des Agnelli, FCA vend actuellement 4,5 millions de voitures par an sous les marques Fiat, Chrysler, Jeep, Dodge, RAM, Alfa Romeo et Maserati.

Engagé dans un plan stratégique (2014-2018), le groupe a déjà donné son indépendance en 2015 à sa mythique firme Ferrari.

Cession de Magneti-Marelli

Sa stratégie passe également par la vente des activités de composants, dont l'équipementier Magneti-Marelli, a confirmé samedi Sergio Marchionne.

"Il y a des activités du groupe qui ne font pas partie de la production automobile, comme les composants. Le groupe doit être purifié de ces activités", a-t-il dit.

Il a espéré que cette cession ait lieu "avant fin 2018". Le groupe pourrait tirer de cette vente 5 milliards d'euros.

Des négociations avaient achoppé il y a un an avec le Coréen Samsung, qui s'était alors retrouvé en proie à des difficultés après le fiasco du smartphone Galaxy Note 7.

Alors que le site spécialisé Automotive News avait fait état récemment d'une offre d'acquisition transmise par un groupe automobile chinois "bien connu", mais non nommé, Sergio Marchionne a tenu à clarifier la situation.

"FCA n'a aucune offre sur la table et n'a été approché par personne", a-il assuré samedi.

Le groupe automobile chinois Great Wall Motor, spécialiste des 4x4 urbains, avait déclaré il y deux semaines avoir des vues sur Fiat Chrysler, tout en précisant: "cela reste une intention, aucune offre formelle n'ayant été déposée".

Il avait ensuite précisé le 23 août n'avoir "pas contacté les dirigeants de FCA ni engagé de négociation avec eux".

Le 21 août, FCA avait déjà indiqué dans un communiqué ne pas avoir été "approché par Great Wall Motors en connexion avec la marque Jeep ou toute autre sujet relatif à son activité", en soulignant être "pleinement engagé dans la mise en oeuvre de son plan 2014-2018".

Jeep - une marque bien connue en Chine - serait une prise de choix pour Great Wall, qui cherche à monter en gamme dans les 4x4 urbains et à s'implanter sur le marché nord-américain tandis que FCA se trouve fragilisé par l'effritement de ses ventes aux Etats-Unis.

Ces différentes rumeurs ont fait récemment flamber le titre FCA. Vendredi, il a encore gagné 5,45%, à 13,3 euros, atteignant ainsi une capitalisation de 20 milliards d'euros.

La tendance à la hausse est confortée par Goldman Sachs, qui a conseillé à ses clients d'acheter des actions FCA en donnant un prix cible (target price) de 25,9 euros, soit deux fois la valeur actuelle du titre. (awp)


 

 
 

 
 

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