Participer à des programmes européens de recherche est indispensable

vendredi, 24.01.2020

Carmelo Laganà *

Carmelo Laganà

La votation du 17 mai 2020 sur l’initiative dite de «limitation» aura aussi une influence décisive sur la recherche et l’innovation en Suisse.

 

L’année 2020 sera, à bien des égards, une année décisive pour l’avenir de la Suisse. Cela est particulièrement vrai pour la recherche helvétique. Le 17 mai prochain, le peuple suisse se prononcera en effet sur l’initiative fédérale de résiliation des accords bilatéraux (initiative de l’UDC dite de «limitation»); un paquet de traités conclus avec l’UE comprenant notamment celui sur la recherche.

Depuis l’entrée en vigueur des accords bilatéraux I, acceptés en votation populaire le 21 mai 2000 par 67,2% des votants, la Suisse a pleinement été associée aux programmes cadre de recherche européens (PCR-E). Au bénéfice de 2,5 milliards de francs, la Suisse a ainsi été à la pointe du 7e PCR-E (2007-2013), grâce à un nombre très impressionnant de projets retenus.

Mais la machine s’est grippée un certain 9 février 2014, après l’acceptation de justesse de l’initiative «contre l’immigration de masse».

Relégués au rang de ressortissants d’États tiers, les chercheurs suisses ont vu leur participation chuter vertigineusement: seuls 326 nouveaux projets en 2014, contre 745 l’année précédente!

Les PME suisses ont particulièrement souffert de ces restrictions. En effet, selon le rapport 2019 du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) - réalisé auprès de 878 personnes ayant pris part à des programmes de recherche, 62% des projets européens avec participation helvétique prennent la forme d’une collaboration entre des hautes écoles et des PME. Cette étude relève aussi que la participation aux PCR-E aboutit à la création d’emplois: plus d’un tiers des PME interrogées ont ainsi déclaré employer de manière permanente au moins une nouvelle personne, à la suite de la participation au PCR-E. À cela s’ajoutent la création de deux nouveaux postes temporaires en moyenne par projet. Un projet sur dix environ a entraîné un spin-off ou la création d’une start-up. Enfin, aux yeux des participants, les réseaux internationaux développés à la faveur de tels projets sont particulièrement précieux. En effet, ceux-ci perdurent souvent au-delà du projet, ce qui a des effets positifs sur la capacité d’innovation et la compétitivité de toute la place économique suisse. Ces quelques résultats montrent donc clairement l’importance d’une participation directe de la Suisse aux PCR-E.

C’est une des raisons pour lesquelles les milieux académiques, scientifiques et économiques combattent l’initiative de résiliation des accords bilatéraux soumise en votation populaire en mai prochain.

Un non permettra en effet à notre pays d’être pleinement associé au prochain PCR-E, «Horizon Europe», qui avec près de 97 milliards d’euros, sera doté du budget de recherche le plus élevé au monde et bénéficierait donc fortement à la recherche et aux PME suisses.

* Suppléant romand Economiesuisse






 
 

AGEFI




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