Deux bonnes nouvelles pour Athènes avant un retour sur les marchés

samedi, 22.07.2017

Participation prudente, mais participation quand même, du FMI à son plan d'aide, relèvement de perspective par l'agence de notation SP Global Ratings : Athènes a engrangé deux autres bonnes nouvelles cette semaine en vue d'un prochain retour sur les marchés.

FMI et notation: la Grèce engrange deux bonnes nouvelles.

Jeudi, le Fonds monétaire international a fini par donner son accord "de principe" au versement de 1,6 milliard d'euros à la Grèce en crédit "de précaution" : cela faisait deux ans que les Européens lui demandaient de se joindre au plan signé en juillet 2015, pour 86 milliards d'euros de prêts.

Le FMI ne les versera toutefois que si les Européens acceptent de réduire la dette grecque, qu'à 180% du PIB il juge actuellement "insoutenable".

L'Allemagne ne veut pas en entendre parler avant les législatives de septembre. Mais "nous savons de toute façon tous qu'il faudra en venir là", avait cependant reconnu en mai le président français Emmanuel Macron, à la veille-même de son élection.

Positif et encourageant

Les autorités européennes ont salué vendredi la décision du FMI. Le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici l'a qualifiée de "signal très positif pour les marchés".

Le directeur du Mécanisme européen de stabilité (MES) Klaus Regling l'a jugée pour sa part de nature à lui faire "regagner la confiance des marchés".

Avec plus de réticences du côté de la Banque de Grèce, l'Europe soutient généralement ce retour.

L'Eurogroupe a ainsi annoncé le 15 juin que la Grèce recevrait de quoi constituer des réserves de liquidité pour "renforcer la confiance des investisseurs et faciliter l'accès aux marchés".

Les données économiques l'y aident : la croissance est prévue à 2,1% cette année, après huit ans de chute quasi-constante. Le chômage reste le plus élevé d'Europe, à 21,7% en avril, mais il a baissé de 1,9 point sur un an.

Vendredi, l'agence de notation SP Global Ratings a relevé la perspective de la note de dette grecque de stable à positive, sans changer toutefois la note, contrairement à Moody's qui avait rehaussé la sienne fin juin.

La Grèce, qui recevra l'argent peu cher du MES jusqu'en août 2018, n'a pas besoin de l'argent plus onéreux des marchés d'ici là. Mais quelques émissions en amont, pour tester l'humeur des investisseurs, sont quasi-certaines.

Le week-end dernier, la presse grecque assurait en choeur que ce serait "lundi, ou mardi". Rien n'est arrivé. Elle évoque désormais la semaine prochaine.

Les autorités grecques n'ont pas pipé mot vendredi de la décision du FMI, focalisées sur le tremblement de terre qui a fait deux morts sur l'île de Kos dans la nuit.

Certains commentateurs s'interrogeaient aussi sur le plafond de 325 milliards d'euros pour la dette grecque, signé par les différents intervenants, notamment le FMI et la Grèce, dans le cadre de l'accord.

Ce plafond semble très proche du niveau actuel, ce qui paraît de nature à entraver l'ardeur grecque à réémettre des obligations.

Le Wall Street Journal assurait vendredi que ce montant était déjà mentionné dans des documents préparatoires de l'accord d'avril, mais rapporté à un mode de calcul de la dette publique grecque différent.

Cela aurait laissé au pays une marge d'emprunt supplémentaire de plus de dix milliards d'euros, plus adaptée à sa situation.

Les conséquences d'un changement n'ayant "pas été remarquées" à la signature, c'est le calcul actuel qui s'appliquera, avance le quotidien financier.

Les marchés veulent savoir

Quoi qu'il en soit, la limite de 325 milliards d'euros "n'est de toute façon en aucun cas un problème auquel nous n'aurions pas de solution", assurait vendredi à l'AFP une source proche du dossier.

Le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras joue gros politiquement avec cette affaire.

Il doit bien choisir son moment, car ce serait pour lui un camouflet si un marché prudent n'acceptait son obligation qu'à un taux supérieur aux 4,95% de la dernière obligation grecque à cinq ans, émise en 2014 par le précédent gouvernement de coalition droite-socialistes.

Si le retour doit se faire cet été, "ce sera de toute façon ce mois-ci, parce que les marchés ne veulent pas partir en vacances sans savoir ce que donne l'obligation grecque", pronostiquait un connaisseur de ces marchés. (awp)


 

 
 

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