Pactiser avec la réalité

vendredi, 22.11.2019

Pécub

Lorsque Nicolas Machiavel écrit son Prince, l’objectif de lectorat est un. Le Prince. Machiavel a écrit son ouvrage d’une centaine de pages pour un seul lecteur. Tout en réalité de l’époque. « Des monarchies nouvelles que l’on acquiert par les armes des autres et la fortune ». « De ceux qui sont parvenus par des crimes à la monarchie ». « Des monarchies nouvelles que l’on acquiert par ses propres armes et sa vaillance ». Toute ressemblance avec le monde des affaires actuel n’est pas fortuite. Une évidence qui interpelle. Du Prince seul lecteur supposé de l’époque, ils sont des millions aujourd’hui à étudier le travail de stratégie et de tactique des Sun Tsu, des von Clausewitz et de des Machiavel. L’art et la science du résultat par la fourberie. Les petits malins un peu plus petits malins que les autres, sans toutefois oublier les vertueux. Choisis ton camp camarade.

Si tous les intervenants économiques appliquent le même art de la guerre, serait-il aventureux de faire vivre une autre option ? L’option du « vouloir vivre » de Schopenhauer ? La sagesse naturelle de Lao Tseu ? Le faire les choses sans attendre de résultat de Confucius ? L’un après l’autre, soigner tous les enfants de Mère Teresa ? Se la couler philosophiquement douce, caché dans le jardin d’Epicure ? Passer à table et parler de Zarathoustra avec Nietzsche ? Dessiner ses visions dans le carnet de Léonard de Vinci ? Les options de non-agression sont certes louables, sont-elles pour autant viables ? ? Aujourd’hui le véritable adversaire n’est plus le concurrent, c’est l’ignorance. Comme les dinosaures, les humains ne sont pas immortels. On peut certes faire semblant de ne pas le savoir, cependant certains changements planétaires vont régulièrement nous le remettre en mémoire.

Les stratégies, les tactiques, les modes opératoires, les philosophies, les cultures, les doctrines, les usages, les théories, il va falloir réinventer tout cela. Ou alors ne rien faire et attendre que cela passe. Travailler à combattre le sujet compliqué, ou bien travailler à éviter la complexité du sujet. Signer la paix des braves avec la réalité, possible ou pas possible ? Possible sous certaines conditions ? Faire la liste des considérants, et réfléchir. Tout ce qui va mal versus tout ce qui va bien. Pour présider le comité d’entreprise, Socrate ou John Davison Rockefeller ? Une fois encore l’humanité est devant un dilemme. L’industrialisation ou les sacrifices ?

Le courage de ne pas éviter la question, ou alors la mesquinerie politique d’un compromis ? Toutes les occasions de bâtir une société nouvelle sont là. Le danger réel aujourd’hui est de ne pas les saisir, par cupidité, vanité, stupidité, Stiglitz, Montaigne, Einstein, Picasso.






 
 

AGEFI




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