C’est moi qui ai la clef du datacenter

vendredi, 14.06.2019

Organiser la mise en mémoire les faits et les expériences de l’apprentissage, en mode actif ou en mode flemmard ? Quelle était la méthode de Léonard ?

Pécub

Le tableau vision-tactile. La coupole du crâne est une voute céleste que l’on observe à l’œil nu. Voir dehors les yeux ouverts, voir dedans les yeux fermés. Ce que les yeux découvrent à l’extérieur, deviennent le vide et la matière de l’univers intérieur. Je suis un bâtisseur de mémoire, je peins les fresques de mes découvertes sur les parois et la coupole de ma chapelle mentale. Comme Michel Ange la Sixtine. Comme Cro-Magnon la caverne. Comme l’enfant dessine.

Je pense comme je dessine. Tout ce que je pense, pour le garder en mémoire je le dessine. Dans ma tête et dans mon cahier, les deux simultanément. Le crayon et l’idée en même temps. L’image dans le cahier est un déclencheur de recherche dans la tête. La tête et le cahier sont connectés. L’imagination travaille avec des images et des pensées connectées. Je peux retrouver toutes les pensées et toutes les images stockées dans ma mémoire spontanément. La mécanique de recherche, l’image de toutes les images est en expansion constante, un univers mental en perpétuel mouvement, qui explose dans toutes les directions à chaque nouvelle expérimentation.

Chacun organise la mise en mémoire des apprentissages à sa façon. Les vieux grecs écoutaient les étoiles chanter, évoquaient la musique des sphères, les boules de savoirs naviguant dans la tête en produisant des sons mélodiques. Homère chantant les exploits d’Ulysse. L’ondulation des vagues du caillou jeté dans la mare. Les images, les sons, les sensations, jetés dans la matière colorée du cerveau font des vagues qui se propagent à l’infini. Rien n’est perdu, tout se dilue et se reconstruit à l’identique ou transformé. Combien de connaissances peut contenir une boîte crânienne ? Incroyable mais vrai, toutes les connaissances de l’univers !

Un jour j’inventerai une machine capable d’en faire autant. Je pourrai à ma guise voyager dans le temps. Passer du vide à la matière. De la matière sauter dans le vide. Faire comme je veux, quand je veux, où je veux. D’ailleurs, pour vivre le moment présent, qui vous dit, que moi Léonard de Vinci, je ne viens pas du futur ?

La clef de ma machine je ne vais la donner à personne. Je vais, avant de repartir, la jeter dans l’étang, dans le pré, au fond du puits, dans le ciel, dans le bac-à-sable, sur la toile de l’araignée, au Louvre, dans mes cahiers, dans mes tableaux vision-tactile, au hasard un peu partout. Faites comme j’ai fait.

Allez la chercher.






 
 

AGEFI



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