Optimiser ses recherches de solutions financières

mercredi, 30.10.2019

Céline Renaud*

Céline Renaud.

Il y a quinze ans, lorsque nous avons créé notre manufacture de guitares, je voulais exposer à Shanghai car c’était une foire incontournable pour s’attaquer aux marchés asiatiques. Quand j’ai fait le budget, j’ai eu la boule au ventre, car je me disais qu’il ne m’était pas possible ou difficile d’y participer... Heureusement, un des outils d’aides pour les entreprises du canton de Vaud est justement le soutien financier aux foires internationales. Et j’ai obtenu cette aide, ce qui nous a permis d’y participer et d’ouvrir deux marchés. Depuis lors, nous l’avons sollicitée à plusieurs reprises surtout depuis que nous avons innové avec nos haut-parleurs en bois de résonance alliant innovation et tradition.
Beaucoup d’entrepreneurs ne savent pas exactement quelles sont toutes les aides disponibles et certains mêmes critiquent le manque d’aide... Pourtant, nous avons beaucoup de chance d’être en Suisse car il y a plusieurs possibilités. Dans le canton de Vaud, le SPEI (Service de la promotion de l’économie et de l’innovation anciennement Speco) offre plusieurs outils dont l’aide pour les homologations, pour la propriété intellectuelle, pour la recherche et le développement, pour l’industrialisation et l’investissement de machines, dans certains cas pour la formation ou encore comme garantie pour des prêts. Chez JMC Lutherie, nous avons eu beaucoup d’aide. Beaucoup de personnes pensent que ces aides ne s’adressent qu’à des grandes entreprises alors que les PMEs et même les micro-entreprises peuvent faire appel et décrocher leur enveloppe qu’ils pourront alors utiliser en fonction des aléas de leur métier.     
La Suisse est un pays d’entreprises exportatrices. Quand on est une entreprise exportatrice, la fluctuation des cours monétaires est un élément à surveiller de près. Qu’il s’agisse de la fixation des prix à la vente et de leurs adaptations, mais aussi depuis quel endroit vendre en Europe. Il sera parfois mieux de faire des opérations en Europe depuis la filiale en Allemagne ou en Italie par exemple ou alors en Angleterre pour bénéficier du taux de la livre sterling selon les cas. Dans la fixation des prix, quand nous sommes dans le luxe, nous sommes complètement dans l’émotionnel et l’irrationnel. Qu’une montre coûte douze mille ou treize mille francs, cela ne change pas grand-chose. Ce n’est pas son prix mais plutôt son positionnement qui en fait sa valeur.
Les achats de marchandises peuvent aussi être affectés positivement ou négativement selon les cas. Il faudra donc être très vigilants et avoir la possibilité d’agir rapidement car les variations peuvent atteindre des sommes énormes et les économies qui en résultent aussi. Dans le cas de notre entreprise, j’ai dès le départ ouvert des comptes en euros et en dollars car pour l’accastillage ou certains outils de guitare par exemple ou pour certaines colles de lutherie, les meilleurs se trouvent aux Etats-Unis. C’est ainsi que nous avons jonglé entre les achats et les ventes depuis ou vers l’Europe ou encore depuis les États-Unis et vers l’Asie. Je veux dire par-là que nos clients asiatiques nous payaient en dollars et nous pouvions acheter ensuite avec ces mêmes dollars aux États-Unis ces quelques éléments nécessaires à notre métier.
Il est aussi possible de travailler avec des filiales basées dans des lieux offshore. Certaines fiduciaires sont spécialisées dans le conseil sur le sujet. À l’image de certaines marques horlogères qui ont leurs filiales basées dans des îles exotiques pour la facturation de leurs exportations vers l’Europe, alors que les pièces circulent directement dans les zones Europe, Amérique ou Asie. Dans tous les cas, beaucoup de solutions existent et l’entrepreneur doit veiller au grain.

* CEO et fondatrice, JMC Lutherie






 
 

AGEFI




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