«Les marchés restent fragiles»

mardi, 06.02.2018

Opinions. L'Agefi a recueilli les avis de la communauté financière romande sur les secousses actuelles sur les marchés financiers.

Hélène de Vos Vuadens*

«Soit, ils jugent qu’il s’agit d’une correction saine et ils continuent à rentrer sur le marché, soit ils s’en retirent. Nous penchons plutôt pour le premier cas de figure.»

La baisse sur les marchés n’est-elle qu’un feu de paille ou annonce-t-elle l’entrée dans une période baissière plus longue? S’agit-t-il d’une correction par rapport aux valorisations exigeantes, ou est-ce qu’il y a toujours du potentiel d’appréciation?

Pour l’heure, on ne constate pas de mouvement de panique sur les marchés. Il s’agit plus d’une correction technique alimentée par les bons chiffres sur l’inflation américaine, ce qui fait remonter les taux et baisser les titres, par effet de boomerang. Baissier à l’ouverture, le Dow Jones est revenu à son niveau de clôture de la veille, puis remonté de 1% dans l’après-midi, puis à nouveau flat. Les marchés restent donc fragiles et on constate une grande volatilité des cours sur la même séance boursière.

La question qui subsiste reste l’appréciation des investisseurs. Soit, ils jugent qu’il s’agit d’une correction saine et ils continuent à rentrer sur le marché, soit ils s’en retirent. Nous penchons plutôt pour le premier cas de figure, car il reste toujours un potentiel d’appréciation si on en juge les indicateurs économiques et les bons résultats des sociétés.

Que penser des craintes d’inflation qui font leur grand retour? Doit-on redouter une hausse de taux par la FED plus rapide qu’anticipée?

L’inflation fait son retour aux Etats-Unis, mais lors du dernier meeting du 31 janvier de la FED, cette dernière a annoncé que les anticipations de marchés qui prévoyaient 3 hausses de taux de 0,25% en 2018 étaient correctes et pricées dans le marché. Cependant, à la suite de la publication du 2 février des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis sur les salaires horaires, supérieurs aux attentes, on pourrait craindre une augmentation des taux de la FED plus importante qu’anticipée.

 L’Europe pourrait-elle créer une différence positive par rapport aux Etats-Unis, ou subira-t-elle les mêmes mouvements en même temps? Le marché suisse pourra-t-il faire valoir ses qualités défensives?

L’Europe va aller dans le même sens, mais les mouvements de hausse seront plus faibles du fait de la situation de l’emploi et de la courbe de l’inflation en Europe.

Sur le marché suisse, et considérant la politique monétaire et les taux négatifs actuellement en vigueur, les investisseurs vont rester prudents et la volatilité risque d’être moins forte que sur les marchés US ou européens.

Peut-on déjà considérer que cet épisode offre de bons points d'entrées sur certaines catégories d'actifs?

Cela dépend des typologies de portefeuilles, des stratégies de placement, des attentes et des profils des investisseurs. Ainsi, il est difficile d’émettre des recommandations, car elles diffèrent notablement entre les particuliers ou les institutionnels, par exemple. Les opportunités pour les uns peuvent présenter des risques pour les autres et vice-versa.

* Porte-parole de la BCGE

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