«De nombreux supports techniques ont été cassés. Ils ne seront pas faciles à reconstruire»

mardi, 06.02.2018

Opinions. L'Agefi a recueilli les avis de la communauté financière romande sur les secousses actuelles sur les marchés financiers.

Fernando Martins da Silva*

«Il y a encore un potentiel d’appréciation, mais il est plus limité et plus volatil qu’il ne l’était l’an dernier. »

La baisse sur les marchés n’est-elle qu’un feu de paille ou annonce-t-elle l’entrée dans une période baissière plus longue?

Les fondamentaux restent positifs même s’ils sont moins parfaits qu’ils ne l’étaient l’an dernier. La reprise économique devrait se poursuivre; les taux d’intérêt et l’inflation devraient progresser sans devenir excessivement inquiétants, du moins au premier semestre.

S’agit-t-il d’une correction par rapport aux valorisations exigeantes, ou est-ce qu’il y a toujours du potentiel d’appréciation?

Il peut s’agir, oui, d’une correction par rapport aux valorisations exigeantes dans la mesure où elle reflète un excès d’optimisme. Les investisseurs sont fortement investis, ces positions acheteuses ont accentué le côté rationnel du recul qui provient des craintes de reprise plus marquée que prévu de l’inflation. Il y a encore un potentiel d’appréciation, mais il est plus limité et plus volatil qu’il ne l’était l’an dernier.

Que penser des craintes d’inflation qui font leur grand retour? Doit-on redouter une hausse de taux par la FED plus rapide qu’anticipée?

Retour de l’inflation oui, mais pas grand retour de l’inflation. Ces craintes du marché relèvent aussi du fait que les investisseurs n’étaient pas au diapason de la Fed. Le marché se montrait globalement plus conservateur et ne comptait pas avec trois hausses de taux cette année et trois autres l’an prochain.

L’Europe pourra-t-elle créer une différence positive par rapport aux Etats-Unis, ou subira-t-elle les mêmes mouvements en même temps? Le marché suisse pourra-t-il faire valoir ses qualités défensives?

Les actions américaines ont bénéficié d’une croissance plus forte des bénéfices et de la réforme de la fiscalité de l’administration Trump, alors que les entreprises européennes devaient compter avec un renforcement de l’euro. Il y a donc un léger décalage entre l’évolution des marchés américains et européens.

Le marché suisse peut dans une certaine mesure profiter de son aspect défensif. Mais à plus longue échéance, il reste limité par le fait que, dans cette phase du cycle économique, sont recherchés les titres sensibles à la conjoncture, donc plus cycliques que ne l’est globalement le marché suisse.

Peut-on déjà considérer que cet épisode offre de bons points d'entrées sur certaines catégories d'actifs?

Cette baisse constitue un premier point d’entrée significatif depuis 2016, mais il n’est pas LE point d’entrée, car le marché est encore à la merci d’effets de levier. Par ailleurs, de nombreux supports techniques ont été cassés et ne seront pas faciles à reconstruire.

*Directeur de la Politique de placement, BCV

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