«C’est le pire événement de risque depuis 2011»

mardi, 06.02.2018

Opinions. L'Agefi a recueilli les avis de la communauté financière romande sur les secousses actuelles sur les marchés financiers.

Emmanuel Ferry*

«La baisse actuelle est violente, mais elle est n’est pas systémique.»

Que disent les marchés?

La parenthèse de 2017 était exceptionnelle: hausse des marchés sans risque, accélération de la croissance sans inflation, resserrement monétaire sans resserrement des conditions de crédit… 2018 s’inscrit dans un retour à la normalité.

Est-ce simplement une correction ou entre-t-on dans un bear market en raison de fondamentaux économiques (trop bons!)?

Une correction est une baisse de 10 à 20%. Un tel mouvement est soit technique, soit associé à un risque de récession. La baisse actuelle est violente, mais elle est n’est pas systémique. Elle est centrée dans la classe d’actifs Actions, il n y a pas de diffusion aux autres classes d’actifs. Un bear market est pour l’instant exclu.

Jusqu'où l'effet moutonnier peut-il mettre en péril les marchés?

Le point de vulnérabilité et la courroie de transmission de la baisse est la volatilité implicite. L’action des banques centrales a été une incitation pour les investisseurs à vendre la volatilité implicite pour dégager du revenu. La bulle est en train d’éclater. Le mouvement est technique, rapide (flash crash) et très circonscrit.

Ne surestime-t-on pas largement le risque inflationniste

Le rapport emploi et l’accélération des salaires (aux Etats-Unis: ndlr) ont été un prétexte. L’inflation n’est pas un problème. C’est même plutôt un signal de normalisation du cycle après une décennie de pressions déflationnistes.

Si cet épisode est bénin, va-t-il tout de même avoir des implications importantes sur l'allocation d'actifs en général et/ou sur l'allocation sectorielle en actions et/ou obligataire?

Cet événement est un rappel sur la nécessité d’être diversifié et d’avoir une marge de sécurité sur le plan de la valorisation.

Peut-on déjà considérer que cet épisode offre de bons points d'entrées sur certaines catégories d'actifs?

C’est le pire événement de risque depuis 2011 et le premier point d’entrée depuis 2016. L’année 2018 ne sera pas un long fleuve tranquille. C’est le retour de la gestion active. Ceux qui ont un processus de gestion solide feront la différence avec le débouclage forcément désordonné des QE des banques centrales.

*Banque Pâris Bertrand Sturdza SA

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