On peut facilement tromper l’IA…

lundi, 30.09.2019

Patrick Joset *

Patrick Joset

Inutile de préciser de quoi il s’agit quand on parle d’IA. Cet acronyme est tellement présent partout. Ses concepts ne sont pas une nouveauté, ils remontent même au temps des sixties.

Trente ans plus tard dans les années 90, l’IA est mise en application par des systèmes dits «experts». Un temps pas si lointain où on la considérait même avec un brin de dédain.

Dans une chronique datée de 1995, on peut lire qu’à l’époque, quand on traduisait de l’anglais en russe, puis du russe en anglais, la phrase «l’esprit est fort mais la chair est faible», on obtenait «la vodka est forte, mais la viande est pourrie». Une contribution inattendue à la poésie surréaliste…

Les correcteurs orthographiques ont depuis lors indéniablement fait des progrès. La puissance des calculateurs combinée avec l’immensité des données à disposition conduit à des réussites impressionnantes.

Dialoguer avec son smartphone

La reconnaissance de la parole et des images permet aujourd’hui de poser des questions à son smartphone, puis d’en obtenir une réponse satisfaisante. L’IA permet aussi de confirmer un diagnostic médical ou de battre n’importe qui au jeu de Go.

Il y a pourtant encore bien des limites à cette intelligence dite artificielle. Bien qu’elles soient annoncées dans un futur proche, nous avons de la peine à imaginer des voitures conduisant partout et longtemps sans la surveillance d’un conducteur. Et sans accident... Ou sortie de route intempestive comme l’ont démontré des chercheurs en plaçant des capteurs simulant un faux virage sur la route d’une voiture électrique autonome bien connue.

Des stickers pour tromper l’IA

En 2017, des chercheurs de l’université du Michigan ont facilement trompé une IA. Il leur a suffi de quelques stickers noirs et blancs. En les collant d’une certaine manière sur un panneau Stop, ils ont réussi à induire en erreur le système de pilotage automatique d’une voiture autonome. Celle-ci a traité ce panneau de signalisation comme une limitation de vitesse.

Un chat avec ses deux oreilles

Autre exemple, un enfant de six ans qui voit un chat à qui il manque une oreille signalera immédiatement cette anomalie. Au contraire de l’IA qui a pourtant analysé des milliers d’images de cet animal et qui ne verra qu’un chat. Avec ses deux oreilles!

N’en déplaise aux gourous qui la voient déjà dominer nos futures vies, une intelligence seule ne suffit pas. Il en existe en effet de multiples autres. Les capacités déductives, mathématiques et logiques forment celle qui se rapproche le plus de l’IA.

Mais il y a aussi l’intelligence relationnelle qui identifie chez les autres les sentiments et leurs émotions. L’intelligence corporelle qui libère le potentiel du corps.

 L’intelligence visuelle qui raisonne en plusieurs dimensions et permet d’imaginer avant de construire.

Ou encore l’intelligence musicale sensible aux sons et aux rythmes. Toutes sont indispensables à façonner les individus bien différents que nous sommes, nos vies, nos futurs… Ouf, on a encore du temps avant d’être remplacés!

* Groupe ABISSA






 
 

AGEFI




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