Les obligations high-yield affrontent la tempête d’automne sur les marchés des actions

jeudi, 20.12.2018

Obligataire. Si elles ont laissé des plumes lors de la correction en octobre, elles ont en revanche fait bonne figure face à d’autres catégories de placement, notamment les actions.

Peter Jeggli*

Leur basse sensibilité au taux d’intérêt ainsi que les primes de risque ont agi comme un volant de sécurité efficace.

Dans cette phase avancée de la conjoncture, les obligations à haut rendement ont pu tirer parti de leurs atouts, faisant face à la tempête d’automne des marchés financiers. Elles ont ainsi montré exactement l’évolution que les investisseurs attendent de cette catégorie d’investissements dans le cadre de ce scénario d’intérêts en hausse et de marchés des actions correcteurs.

Profiter du contexte macroéconomique

Dans l’univers fixed-income, les obligations à haut rendement figurent en règle générale parmi les gagnants de l’année en cours et profitent du bon contexte macroéconomique. Cet environnement devrait d’abord se stabiliser. Ce qui est également positif, c’est le taux de défaut aux USA qui, avec seulement 2 %, se situe nettement en dessous de la moyenne historique de 4 %. S’il est encore permis de tabler sur une volatilité accrue, pour les managers actifs cela représente avant tout une chance d’utiliser les inefficiences du marché. Par exemple, de bons débiteurs avec des obligations liquides qui, dans de telles phases de faiblesse comme nous venons de les voir, ont été punis indûment, peuvent figurer sur la liste d’achats.

Ainsi, on peut actuellement préférer un positionnement défensif. Et en l’espèce, les regards sont fixés sur la «recovery rate», à savoir le montant dû aux créanciers en raison de l’indemnisation attendue des créanciers en cas de défaut de l’obligation. Il existe de très grandes différences au niveau des modèles commerciaux. Les valeurs patrimoniales pouvant être mises à contribution pour l’indemnisation devraient par conséquent être analysés avec précision. 

Dans cette phase du marché, il y a lieu de veiller à ce que des entreprises de haute valeur intrinsèque soient intégrées dans le portefeuille, afin de jouir d’une protection de taille appropriée. En effet, les ratings officiels évaluent bien la probabilité de défaut, mais pas le montant de l’indemnité en cas de défaut de l’obligation. C’est pourquoi les deux côtés de la médaille sont importants.

Potentiel des «fallen angels»

Les «fallen angels», qui ont perdu leur investment grade rating et dont les obligations subissent dès lors de fortes pressions, sont particulièrement intéressants. En effet, de nombreux investisseurs doivent vendre de tels titres, car il ne peuvent investir dans le segment à haut rendement, ce qui entraîne des ventes forcées qui font souvent tomber le cours sous la valeur «équitable». Exemple actuel: la chaîne de supermarchés britannique Tesco a été rétrogradée il y a bien trois ans au niveau BB. En octobre, une agence de rating a fait remonter l’entreprise dans la catégorie investment grade, ce qui a fait augmenter l’investissement de l’époque. L’exemple montre qu’il existe des chances même dans un segment difficile comme le commerce de détail. 

Une alternative intéressante et profitable

Naturellement, toute décision n’est pas couronnée de succès, mais en comparaison avec les ETF passifs il y a ici l’avantage de la gestion active. C’est la seule manière pour les investisseurs de profiter des inefficiences, par exemple en présence d’un «ange déchu». 

Les high yield bonds restent donc une alternative intéressante et profitable dans le monde des obligations, dont l’incorporation devrait être prise en considération par les investisseurs orientés à long terme.

*Senior Portfolio Manager, Fisch Asset Management, Zurich






 
 

AGEFI



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