Vers une hausse graduelle généralisée des taux d’intérêt

jeudi, 22.11.2018

Obligataire. Mais cette évolution ne réduit pas nécessairement le nombre d’opportunités.

Stéphane Fertat*

Après une période difficile sur certains marchés de taux d’intérêt cette année, place maintenant à un peu de stabilité. L’année 2018 a été particulièrement difficile pour les investisseurs obligataires. Suite à la hausse de l’inflation et des données économiques encourageantes, les taux d’intérêt dans le monde ont commencé à grimper, alors que dans le même temps les risques géopolitiques entraînaient une forte correction sur les marchés émergents et leurs devises. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement que les opportunités dans le domaine obligataire ont disparu.

Ratios risque/rendement intéressants

Bien que les rendements sur le long terme de la courbe de taux aux États-Unis et en Europe pourraient continuer d’augmenter, il est fort probable que des occasions se présenteront sur les maturités plus courtes 3 ans – 5 ans sur des valeurs américaines. Les obligations d’entreprises à échéance court terme, en particulier, présentent à la fois de bons rendements tout en gardant un profil défensif.

On retrouve également des ratios risque/rendement intéressants sur des marchés comme le Mexique ou la Roumanie, qui ont presque atteint la fin de leur cycle de hausse de taux d’intérêt. Même constat dans des pays de haute qualité comme Israël ou la Corée du Sud, où la pentification de la courbe des taux est attractive.

Deux types de risques 

En ce qui concerne la zone euro, les investissements en Espagne et en Italie restent peu attractifs malgré des primes de rendement plus intéressantes. Construire une exposition de duration par le biais d’une stratégie combinant des obligations allemandes jouant le rôle de valeur refuge et de la dette souveraine plus risquée libellés en euros émises par des pays émergents semble plus prometteuse. L’environnement actuel nous oblige à examiner toutes les opportunités qu’offrent les obligations internationales.

Deux types de risques doivent cependant être pris en compte dans ce contexte. Premièrement, il reste difficile d’évaluer la valeur réelle des obligations dans un contexte de remontée de taux par les banques centrales, un défi amplifié par l’incertitude géopolitique globale que suscitent les différends commerciaux et douaniers, les élections à mi-mandat aux États-Unis, les budgets italiens ou encore les négociations du Brexit. Le second risque majeur est que les actions et les obligations perdent leur bénéfice de corrélation et que les deux classes d’actifs sous-performent en même temps. Cela s’est produit au début de l’année et plus récemment pendant les deux premières semaines d’octobre. Si cette situation persiste, elle aura probablement des répercussions importantes dans l’allocation d’actifs d’obligations traditionnelles.

*Spécialiste produits obligataires, T. Rowe Price






 
 

AGEFI



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