Noël, entre cœur et raison

mardi, 17.12.2019

Marie Owens Thomsen*

Marie Owens Thomsen

La fin de l’année est une période importante pour le secteur de la vente de détail. Cette année, aux Etats-Unis, les dépenses sont attendues en hausse de quelque 4%, un chiffre légèrement supérieur aux 3.7% réalisés en moyenne sur les cinq dernières années (NFR, National Retail Federation, octobre 2019). Avec un taux de chômage historiquement bas à 3.5% aux Etats-Unis, et des hausses salariales de l’ordre de 3% en glissement annuel, les ménages américains se portent un peu mieux que l’année dernière.

Ce sont surtout les ventes en ligne qui devraient profiter de cette hausse anticipée des dépenses. Ces ventes devraient augmenter de 11% à 14% selon la même source. Pourtant, tout ne va pas complètement mieux dans le meilleur des mondes car 79% des personnes sondées s’inquiètent du fait que les tarifs douaniers feront monter les prix et par conséquent impacteront les projets de fin d’année. 

En 2018, les ventes de fin d’année n’ont augmenté que de 2%, touchées par la fermeture du gouvernement américain, la volatilité des marchés financiers, les menaces protectionnistes, et d’autres incertitudes. Cette année devrait pouvoir se terminer sur une note plus positive. Le Congrès américain vient de conclure un accord bipartisan concernant les dépenses du gouvernement qui devrait être ratifié avant la date butoir de 20 décembre, évitant donc de justesse une autre fermeture de ses administrations. Le conflit sur le commerce international s’est quelque peu détendu, les résultat des élections en Grande-Bretagne a ôté certaines craintes concernant l’avenir de l’Europe et de nombreux marchés boursiers battent des records. En francs suisses, le S&P 500 a gagné plus de 26% cette année (au 13 décembre), le NASDAQ près de 32%, l’EuroStoxx 50 plus de 22%, le SMI suisse près de 25%, le Nikkei japonais environ 20% et l’indice de Shanghai CSI 300 dépasse les 30%. Cela devrait inciter plus d’un investisseur à faire la fête.  

En Suisse, les dépenses pour les cadeaux de Noël s’élevaient en moyenne à 310 francs suisses en 2018 (EY, Bilan, novembre 2018). Les plus dépensiers sont les Genevois avec en moyenne 404 francs. Les Suisses se distinguent des Américains car ils préfèrent pour la plupart se rendre chez les détaillants, attirés par les marchés de Noël et les autres manifestations de saison. On remarque également que plus de 25% des Suisses effectuent leurs achats, totalement ou en partie, à l’étranger. 

Noël est également la saison des philanthropes. En Suisse, 67% de la population effectuent des donations pour un montant moyen annuel de 490 francs (Swiss Philanthropy Foundation, 2017). Cela place les Suisses parmi les populations les plus généreuses dans le monde (13e place sur 126, CAF World Giving Index 2019, octobre 2019). Toutefois, la Suisse reste derrière  le Myanmar et le Royaume-Uni où respectivement 81% et 71% de la population réalisent des dons financiers.

Entre cœur et raison, les choix de fin d’année ne sont pas toujours simples. Avec un budget a priori moins serré que la plupart des Suisses, la reine d’Angleterre aurait dépensé 30.000 livres sterling, pas loin de 40.000 francs suisses, pour des cadeaux pour sa famille et ses employés. Le président Trump et son épouse ne semblent pas, par contre, coutumier de s’échanger de cadeaux de Noël. En tout cas, quel que soit votre choix, nous vous souhaitons de remplir vos cœurs de joie pendant les fêtes, et qu’aucune raison ne nous empêche de faire preuve de générosité, de temps ou d’argent, avec ceux qui nous entourent!

* Global Head of Economic and Investment Research, Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI




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