Ni science, ni politique, ni jugement

dimanche, 28.06.2020

Pécub

Quelle est la mise en cohésion des mutations sélectives et spontanées du vivant dans la nature et les priorités artificielles de l’espèce humaine en quête de confort et de survie expansive ? Aucune. Les choix de l’homo economicus-pandemicus sont et resteront égocentrés. Aucune tendresse ni attention respectueuse pour le moustique, l’araignée, la chauvesouris, le cochon, la poule pondeuse, le crocodile à peau de sac vintage. Encore moins pour les virus, les bactéries, les moisissures.

Avez-vous étudié, curiosité d’enfant, les pratiques des nanotechnologies sophistiquées et celles d’un vulgaire petit moucheron ? Une intelligence primaire qui fonctionne avec à peine quelques dizaines de neurones. Que dire, du pouvoir sur l’humanité de ces microbes qui n’ont pas de cursus académique ? Ni science, ni politique, ni jugement, le germe parasite, s’adapte, mute et prospère en toute sérénité. Les privations de liberté imposées pour le neutraliser, ne sont pour lui, ni un problème, ni un challenge, une simple et stimulante nouveauté. Un petit changement de réalité à travailler.

Une démocratie scientifique est-elle éclairée et responsable sans débat éthique partagé avec les baleines, les arbres et les hérissons ? Une autorité politique est-elle clairvoyante et anticipatrice sans consultation préalable, aux fins de lucides prises de décision, des cancrelats, des puces de lit et des rats ? Le jugement libre-penseur ne serait-il pas aux ordres de la communauté scientifique établie complice des cercles de pouvoir politiques juridiques et pécuniers ? Les virus, les mycoses, les bactéries ne font ni de la science, ni de la politique, ni de la philosophie, ni de la morale, ni de la justice, la biodiversité est leur pleine propriété, sans minute notariée.  Les vanités humaines seront astreintes à négocier, à mettre au placard le complexe de supériorité, exercice pénible certes, cependant essentiel et nécessaire. Lors de la dernière interprétation par Pavarotti de « Nessun dorma » les étoiles ont tremblé d’amour et d’espérance, les piqûres de moustique se firent doux baisers, l’envie de vivre a tout sublimé.

Calaf, prince inconnu, immergé dans la nuit de Pékin chante Turandot de Giacomo Puccini, que nul ne dorme, que nul ne dorme, demain je vaincrai. Ni science, ni politique, ni jugement, un insignifiant petit virus, sans voir, sans parler, sans écouter, transforme l’existence de l’humanité en opéra lyrique. Une réalité désarmante de beauté.






 
 

AGEFI



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