N’attendez pas, engagez-vous!

lundi, 01.10.2018

Marc Ehrlich *

Marc Ehrlich

La Suisse connaît sans doute le meilleur système démocratique au monde. En plus de la démocratie directe - dont l’initiative et le référendum populaires sont les outils de pointe - la plupart des personnes élues dans les législatifs à tous les niveaux, voire dans les exécutifs, sont issues de divers milieux professionnels et gardent leur activité principale dans toute la mesure du possible.

Grâce à cette forme de milice, le politicien suisse n’est jamais coupé de la réalité. Il faut toutefois mentionner que toute activité politique prend du temps et que les professions ne sont dès lors pas toutes représentées de la même manière: à titre d’exemple, on répertorie dans les grands conseils de nombreux enseignants et autres fonctionnaires, beaucoup de professions libérales et d’agriculteurs.. mais pratiquement jamais d’entrepreneurs.

La situation au Conseil national n’est guère différente de ce point de vue. Or, vous aurez régulièrement déjà entendu la célèbre citation du comte de Montalembert: «Si vous ne vous intéressez pas à la politique, c’est la politique qui s’intéressera à vous!» Le système politique suisse aura de ce fait généré des absurdités inimaginables contre lesquelles des entrepreneurs auraient dû s’opposer. En voici quelques exemples connus: impôt sur la fortune frappant également la valeur de l’entreprise (outil de travail), qui pousse les entrepreneurs à ventre leur société avant de s’exiler, appels d’offres publics dont le seul critère véritable est le prix au détriment généralement de la qualité ou de l’emploi local, ou enfin le pointage de tous les employés encore obligatoire au XXIe siècle!

Les entrepreneurs devraient donc à mon sens beaucoup plus s’engager en politique. Non seulement pourraient-ils lutter pour leurs droits, apporter une valeur ajoutée précieuse au débat politique, mais également -pourquoi pas - développer des compétences intéressantes et utiles à leur propre activité. Par exemple, apprendre à parler aux médias, à trouver un angle personnel pour se différencier des autres candidats (qui es-tu?), se confronter aux passants au hasard d’un stand et ainsi s’améliorer en techniques de ventes, ou encore apprendre à maîtriser la prise de parole en public.

Churchill explique d’ailleurs à quel point faire un discours devant un auditoire hostile est formateur!  Cela étant dit, par où peut-on commencer? Le moyen le plus simple est de prendre une position publique dans le cadre d’une initiative ou d’un référendum. Cette démarche peut être assimilée à un projet ponctuel et ne présente finalement que peu d’enjeu. Un autre moyen est d’intégrer le comité de campagne d’un politicien chevronné. Les élections fédérales de 2019 apporteront de nombreuses possibilités de ce type. Le mieux est certainement toutefois de participer soi-même à une élection, en commençant par le niveau communal. Autre opportunité intéressante, le PLR présentera dans le canton de Vaud une liste «Innovation» aux élections fédérales qui sera ouverte à certains néophytes actifs dans les nouvelles technologies!

Quintus Cicéron a écrit il y a plus de 2000 ans un «Manuel de campagne électorale». Ce texte qui prend la forme d’une lettre courte à l’attention de son frère qui deviendra empereur de Rome, n’a pratiquement pas pris une ride. Au-delà du petit catalogue d’astuces mises bout à bout, on y lira que toute élection aura au moins le mérite de permettre la naissance de beaucoup de belles amitiés, de mettre à profit un vrai travail d’équipe et finalement de vivre des moments d’émotions intenses. N’attendez pas et engagez-vous!

* CEO, Vipa






 
 

AGEFI



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