Mondial de l'automobile: la belle santé des constructeurs français

mercredi, 26.09.2018

Les constructeurs automobiles français a le vent en poupe avec en tête Renaud et Peugeot.

Peugeot est le champion de la rentabilité. (keystone)

Avec Renault numéro un mondial des ventes grâce à ses alliés japonais et Peugeot champion de la rentabilité, les constructeurs français affichent une belle santé à l'occasion du Mondial de l'Auto qui réunit la planète automobile début octobre à Paris.

Comme la crise financière de 2008 semble loin pour l'automobile française, tout comme sa descente aux enfers pendant la crise de la zone euro: gammes inadaptées, écroulement des parts de marché, lourdes pertes.

Si Renault avait pu faire le dos rond en s'appuyant sur son partenaire Nissan, le rival PSA (Peugeot, Citroën, DS) a été contraint à un plan de sauvetage en 2014, après avoir fermé son usine d'Aulnay en région parisienne.

Renault et PSA "ont réussi un redressement spectaculaire", constate Gaëtan Toulemonde, analyste automobile pour la Deutsche Bank. Près de deux milliards d'euros (2,2 milliards de francs) de bénéfice net et une marge opérationnelle à 6,4% des ventes au premier semestre pour le premier. 1,5 milliard (1,7 milliard de francs) de profits et une marge encore plus élevée, à 7,8%, pour le second.

Chez le constructeur au losange, la gamme à bas coûts, incarnée notamment par la marque Dacia, fait un carton avec la citadine Sandero et le 4X4 de loisir (SUV) Duster, tout en assurant des marges confortables. "Cette gamme est un vrai succès, non seulement dans les pays émergents mais aussi en Europe", souligne M. Toulemonde.

Mais, selon cet analyste, "le gros point fort de Renault est son alliance avec Nissan" et Mitsubishi, qui s'est hissée l'an dernier au premier rang mondial devant Volkswagen et Toyota avec 10,6 millions de voitures écoulées. Une taille géante, bien répartie sur les différentes régions du monde, source d'importantes économies sur les achats et les investissements.

PSA séduit les investisseurs

L'année 2018 est pourtant celle de PSA. Au fond du gouffre en 2014, lors de l'arrivée du PDG Carlos Tavares, le groupe séduit désormais les investisseurs. L'action Peugeot a bondi de 40% en bourse depuis le début de l'année, dans un secteur automobile pourtant baissier, et la valorisation de l'entreprise a rattrapé celle de Renault.

"Peugeot a publié des résultats meilleurs que les attentes", souligne M. Toulemonde. Sa bonne forme s'explique notamment par le succès de ses nouveaux SUV Peugeot 3008 et 5008, des modèles vendus dans des finitions hautes très rémunératrices. PSA a également surpris tout le monde en réussissant en quelques mois le redressement d'Opel, racheté à General Motors à l'été 2017. "Opel a fait des pertes pendant 20 ans et en l'espace d'un an, il fait 5% de marge d'exploitation", relève l'expert.

Ce même indicateur culmine à 8,3% pour l'activité automobile de PSA, hors Opel, un niveau digne des constructeurs haut de gamme allemands. "Avec Carlos Tavares, PSA est devenu très fort. Renault doit améliorer ses marges et pourrait prendre exemple sur Peugeot", estime Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR), basé en Allemagne.

Pour Gaëtan Toulemonde, PSA, qui a dû quitter l'Iran sous l'effet des sanctions de Washington et rencontre de grosses difficultés en Chine, profite aussi "à très court terme" du fait qu'il est essentiellement centré sur l'Europe, contrairement à Renault, très mondialisé.

PSA échappe ainsi aux inquiétudes liées aux bras de fer commerciaux lancés par le président américain Donald Trump et il est relativement épargné par la chute de certaines devises. Mais "sur les 10 ou 15 prochaines années, la croissance du marché automobile sera dans les émergents".

Au total, les constructeurs hexagonaux, qui excellent particulièrement dans la maîtrise des coûts, sont aujourd'hui dans une meilleure dynamique que leurs rivaux allemands. Au premier semestre, leur chiffre d'affaires cumulé a progressé de 20%, à taux de change constant, mieux que les groupes germaniques (+1%), selon des chiffres du cabinet de consultants EY. Sur la même période, leur bénéfice d'exploitation a progressé de 15% quand celui des concurrents allemands a baissé de 12%, et celui des américains de 34%.

"C'est le soleil sur l'industrie automobile française", résume Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Selon lui, ces bons résultats ne seront pas de trop pour engager les investissements massifs nécessaires pour respecter des normes européennes de CO2 toujours plus sévères, préparer la voiture autonome et conquérir les pays émergents. (ats)






 
 

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