Mobilité et climat, notre responsabilité personnelle est engagée

lundi, 23.09.2019

René Longet*

René Longet

Dans le monde, le transport routier est responsable d’un bon quart des émissions de gaz à effet de serre, et l’aviation (civile) de quelque 4%. Pour la Suisse, le trafic motorisé sur route et celui aérien sont la source d’un tiers environ du gaz carbonique émis depuis le territoire national (31,8% en 2017). Un poste important et qui ne saurait être passé sous silence à l’heure de l’urgence climatique.

Selon l’Office fédéral de la statistique OFS (chiffres du microrecensement 2015): «les loisirs représentent toujours de loin le principal motif de déplacement. Environ 44% des distances journalières parcourues en Suisse sont liées à des activités de loisirs. Viennent ensuite les déplacements professionnels (24%) et les déplacements à des fins d’achats (13%). Même pour la seule période du lundi au vendredi, les loisirs restent – de peu – le principal motif de déplacement».

En moyenne, deux tiers de tous ces déplacements sont effectués en voiture. Chaque habitant.e de la Suisse de plus de six ans parcourt par an 9000 km en moyenne annuelle en avion et 25.000 km sur la route. Pour l’essentiel donc, ces déplacements relèvent de notre libre choix. 

La loi fédérale sur le CO2 prévoit (art.10) que les émissions de gaz carbonique «des voitures de tourisme mises en circulation pour la première fois doivent être réduites, d’ici à fin 2015, à 130 g de CO2/km en moyenne, et d’ici à fin 2020, à 95 g de CO2/km en moyenne». Or, ce mois de juillet, l’Office fédéral de l’énergie signalait qu’«en 2018, la consommation moyenne des voitures de tourisme nouvellement immatriculées en Suisse était de 6,08 litres d’équivalent essence aux 100 kilomètres, ce qui représente une hausse de 3,6% par rapport à l’année précédente (5,87 l/100 km). Atteignant 137,8 g de CO2/kilomètre, la moyenne des émissions des voitures neuves a elle aussi augmenté par rapport à l’année précédente (134,1 g de CO2/km) (...) L’augmentation de la consommation et des émissions de CO2 est notamment due à la part croissante de 4x4».

Nous ne sommes donc nullement sur la bonne trajectoire. Or, il existe de nombreux modèles économes, et la vitesse maximale autorisée est 120 km sur autoroute et 80 km hors des localités. Dans ces conditions, utiliser aujourd’hui –à moins qu’on doive desservir un alpage – un véhicule surmotorisé relève également d’un choix personnel,  effectué au détriment de notre avenir à tous.

Le rail utilisant en moyenne 5 fois moins d’énergie par volume transporté, l’employer chaque fois que c’est possible est la bonne option. L’offre a été fortement développée et le réseau, contrairement à de nombreux autres pays, est resté d’une densité remarquable. La mobilité douce pourrait par ailleurs supplanter la voiture sur les parcours brefs. Enfin, le covoiturage permettrait d’optimiser la consommation d’essence: d’après l’OFS, «en 2015, une voiture circulait avec en moyenne 1,56 occupant, (...) Le  taux moyen d’occupation (...) était le plus faible (1,10 personne) dans les déplacements pour le travail».

A tous ces niveaux, ce n’est pas de la faute des «autres», mais bien de la responsabilité de chacun de nous si les objectifs climatiques ne sont pas tenus dans le domaine de la mobilité.

* Expert en développement durable 






 
 

AGEFI




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