Miser sur des dividendes durables et de bonne qualité

mardi, 25.08.2020

Daniel Kalt / James Mazeau *

Daniel Kalt / James Mazeau

La situation financière des entreprises suisses est robuste. Ces dernières années, leur taux d’endettement net n’a que légèrement augmenté et, pour 2020, on peut déjà estimer qu’il ne dépassera pas beaucoup la moyenne historique. Malgré les bilans sains, le rendement des fonds propres restera lui aussi dans la moyenne des dernières années.

En outre, comme la tendance des entreprises helvétiques à investir dans la croissance organique est relativement anémique depuis un certain temps déjà, les distributions aux actionnaires ont été augmentées en conséquence. La Recherche d’UBS table sur des taux élevés de distribution des dividendes, de 50 à 65% en moyenne.

Suite aux mesures de confinement, la récession de cette année évolue plus rapidement et de manière plus accentuée que les replis passés. Beaucoup d’entreprises n’ont eu que très peu de temps pour se préparer à cet effondrement conjoncturel soudain. Le danger d’un plongeon des bénéfices, voire de problèmes de liquidité, est donc plus fort que de coutume.

Diverses autorités suisses et internationales ont donc préconisé la renonciation au versement des dividendes, ce en tant que moyen d’accroître la flexibilité financière. Maints programmes de rachat d’actions ont ainsi été suspendus, notamment dans le secteur financier.

Pour 2020, il existe un grand risque de réduction des dividendes, notamment par les entreprises très fortement dépendantes de la conjoncture ou disposant d’un bilan fragile, ainsi que par celles des secteurs du tourisme et de la finance.

Cette année et potentiellement aussi l’année prochaine, les dividendes des sociétés du Swiss Market Index (SMI) sont exposés à des pressions cycliques, réglementaires et politiques. De fait, certaines de ces entreprises ont réduit leur dividende jusqu’à 50%. Ce printemps, sur demande de l’autorité de surveillance financière suisse, les grandes banques helvétiques ont été conduites à ne verser que la moitié du dividende prévu pour 2019. Le versement de la deuxième partie du dividende 2019 au quatrième trimestre est encore ouvert.

En outre, les entreprises qui ont recouru à une garantie de crédit étatique à des conditions avantageuses ne sont pas autorisées à verser de dividendes.

La Recherche d’UBS a analysé la durabilité des dividendes des titres qu’elle recommande, en particulier pendant la récession mondiale de 2001 et 2002, lors de la crise financière mondiale de 2008 et 2009, ainsi que lors de la récession européenne de 2012.

Résultat: en ne réduisant pas leurs versements de dividendes, les branches telles que la consommation de base, les produits pharmaceutiques, la communication et l’immobilier ont prouvé leurs caractéristiques défensives. Chez les titres cycliques défensifs, certaines diminutions de dividendes ont toutefois eu lieu. Au lieu d’acquérir simplement des actions à taux de dividende élevé, il est recommandé aux investisseurs d’opter pour des entreprises aux dividendes de qualité, car elles tendent à surperformer le marché global sur l’ensemble de l’année.

Les investisseurs feraient bien de se concentrer sur les dividendes qui sont durables, c’est-à-dire qui peuvent être couverts sur l’ensemble du cycle par les bénéfices et les cash-flows. Mais également sur ceux qui offrent une croissance supérieure à la moyenne à long terme et ceux qui génèrent un rendement attrayant en termes relatifs. Dans l’ensemble, un engagement dans un portefeuille diversifié d’entreprises au rendement défensif intéressant, en combinaison avec des titres choisis qui présentent une forte croissance des dividendes, est conseillé.

* Chef économiste Suisse / Economiste, Chief Investment Office UBS GLOBAL WEALTH MANAGEMENT






 
 

AGEFI



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