Une nouvelle ère de responsabilité sociale s’ouvre

lundi, 09.12.2019

Millennials. Ce terme, tel un écho, résonne dans toutes conversations.

Matteo Gianini*

À l’heure d’aujourd’hui, les industries n’ont que ce mot à la bouche et les Millennials sont placés au centre des discussions. Et ce n’est pas sans raison: il est estimé que ces derniers compteront 20.000 milliards de dollars à leur actif d’ici 2030. À l’image des revendications actuelles, ces derniers tiennent un discours prônant l’impact social et environnemental. Comprenant pleinement la responsabilité qu’ils assument, ils portent un jugement critique sur les produits qu’ils achètent, les services qu’ils consomment et les entreprises qu’ils soutiennent. En somme, cette génération fait changer les choses et rythme déjà le présent.

En effet, une nouvelle ère de responsabilité sociale et philanthropique s’ouvre, et les Millennials en sont à l’origine. Leur fortune se construisant de plus en plus tôt, ils cherchent également à contribuer plus rapidement à la société qui les entourent et œuvrent à opérer des changements systémiques. De ce fait, ils explorent avidement l’implémentation de nouvelles méthodes entrepreneuriales, ayant pour ultime but de créer un impact. L’inter-connectivité d’aujourd’hui, basée essentiellement sur l’abondance des réseaux sociaux, permet également à une nouvelle forme de collaboration de faire surface. Mais avant tout, les Millennials sont centrés sur les résultats. Ces derniers désirent évaluer l’étendue des retours générés par ce qu’ils considèrent être leur investissement dans la Philanthropie. 

La question que nous entendons fréquemment de nos clients est comment inculquer des valeurs philanthropiques aux enfants? Ce questionnement forme la principale inquiétude des familles fortunées cherchant à forger la morale sociale de leur descendance, tant que l’âge le permet encore. À ceci, nous répondons par la transmission au travers du partage. Le partage des actions passées, le partage des donations, le partage des expériences de bénévolat, mais avant tout, le partage du pourquoi. Nous soutenons l’idée que la fréquence des échanges autour de la Philanthropie, et ce dès le plus jeune âge, promeut l’adoption de ces valeurs au sein de la famille. Un élément décisif consiste en la mise à disposition des moyens nécessaires pour permettre à chaque enfant une approche personnelle. Avec l’aide de nos spécialistes, JP Morgan accompagne les familles partout dans le monde dans la formulation de leurs valeurs communes, centres d’intérêts et passions, afin d’aider à la transmission générationnelle de la Philanthropie. 

Forger une morale sociale à sa descendance

Une technique motivationnelle régulièrement appliquée parmi les familles est d’encourager chaque enfant vers sa propre pratique philanthropique, à l’occasion par exemple, d’un jour spécial ou pendant les fêtes de fin d’année. L’idée étant d’encourager l’enfant à former sa propre opinion, il faut lui donner la possibilité de rechercher et sélectionner une association caritative, tout en l’aidant à motiver son choix. Ce procédé forge non seulement une morale sociale et responsable, mais aussi une ouverture à la collaboration lorsqu’il est entrepris entre frères et sœurs par exemple. 

Les smartphones devenus une extension de leur bras droit, les Millennials ont, ironiquement, tendance à être déconnectés physiquement les uns des autres. Pourtant, il est primordial que ces derniers se connectent avec leurs pairs. Pour ce faire, une méthode reconnue pour ses résultats est l’assemblement de deux groupes autour d’activités communes. Par exemple, un cercle de volontaires rencontrant un cercle de donateurs peuvent mener non seulement au partage d’expériences mais aussi, et dans le meilleur des cas, à la création d’un fonds commun pour un impact plus important. Nous conseillons fréquemment aux familles à la tête d’une fondation d’encourager leurs Millennials à y participer. Une immersion dans les affaires quotidiennes éveillera en eux un intérêt et un sentiment de contribution. En les invitant à se plonger dans l’histoire de la fondation, une compréhension accrue de la responsabilité qu’ils portent prendra forme. Si certains en expriment la volonté, la formation d’un conseil d’administration junior serait une opportunité pour la nouvelle génération d’avoir une voix dans la discussion de nouveaux projets. 

Le terme «Millennials» a beau être utilisé à tort et à travers, l’impact potentiel qu’il détient est indéniable. Avoir le potentiel est une chose, mais passer à l’action en est une autre. C’est la chance et le devoir de ceux qui sont en charge aujourd’hui de transmettre leur savoir à ceux qui le seront demain. En leur procurant les outils nécessaires, les Millennials pourront faire face aux challenges à venir.

*Responsable de la Banque Privée JP Morgan pour la Suisse






 
 

AGEFI




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