Meyer Burger écarte le candidat de Sentis Capital au conseil d'administration

lundi, 23.09.2019

Meyer Burger recommande aux actionnaires, qui se réuniront en assemblée générale extraordinaire le 30 octobre à Berne, de rejeter la candidature de Mark Kerekes en tant qu'administrateur.

Les actionnaires de Meyer Burger se réuniront en assemblée générale extraordinaire le 30 octobre à Berne.(Keystone)

Meyer Burger ne veut pas d'un représentant de Sentis capital PCC dans son conseil d'administration. Ce dernier recommande aux actionnaires, qui se réuniront en assemblée générale extraordinaire le 30 octobre à Berne, de rejeter la candidature de Mark Kerekes en tant qu'administrateur pour le compte de la société de participations contrôlée par l'homme d'affaires russe Petr Kondrashev.

Dans la lettre d'invitation à l'assemblée générale extraordinaire convoquée à la demande de Sentis Capital publiée lundi, le spécialiste bernois des installations de production pour le secteur de l'énergie photovoltaïque motive son refus du fait que M. Kerekes pourrait se trouver confronté à des conflits d'intérêts du fait de ses fonctions au sein de Sentis Capital.

Il est co-directeur et membre du conseil d'administration de cette société, qui détient près de 11% de Meyer Burger et constitue elle-même une filiale du groupe Elbogross, propriété de M. Kondrashev.

La décision de ne pas recommander l'élection de M. Kerekes a été prise à l'unanimité des membres du conseil d'administration de Meyer Burger. Ce dernier explique que malgré ses efforts il n'est pas parvenu à obtenir la transparence nécessaire quant aux antécédents, activités et objectifs de M. Kondrashev.

Il n'a pratiquement pas pu obtenir d'informations à ce sujet et en a conclu à l'unanimité que les intérêts de Sentis et ceux de Meyer Burger et de ses actionnaires sont très divergents. Estimant des conflits "prévisibles", il note qu'une coopération "confiante" au sein de l'organe de surveillance "semble irréaliste".

Conflits d'intérêts "insolubles"

Sentis et son groupe, y compris Mark Kerekes lui-même, négocient des actions Meyer Burger et des produits dérivés. En tant qu'administrateur de Meyer Burger, Mark Kerekes bénéficierait d'une connaissance approfondie de l'entreprise, ce qui entraînerait des conflits d'intérêts insolubles. Lors d'un entretien approfondi avec le Comité des nominations du conseil d'administration, Mark Kerekes n'a pas été en mesure de démontrer comment ces obstacles pourraient être levés.

Le conseil d'administration craint également que son entrée au conseil d'administration ne compromette la mise en oeuvre du changement de stratégie du groupe établi à Thoune. La nouvelle orientation est étroitement liée au directeur général Hans Brändle, dont Sentis a exigé la démission sans raison compréhensible et sans proposition concrète pour une succession "convaincante". L'intéressé a annoncé qu'il démissionnerait au cas où un représentant de Sentis était élu au Conseil d'administration.

En difficultés, le groupe bernois veut se focaliser sur les technologie Heteorjunction et Smartwire. Meyer Burger entend se positionner ainsi dans une niche de modules à haute performance. L'entreprise, compte encore quelques affaires qui ne font pas partie de son coeur de métier et dont il veut se désengager.

Meyer Burger a conclu avec REC Solar un accord de principe en vue d'une collaboration approfondie. Le groupe bernois se propose de mettre à disposition du producteur norvégien de panneaux solaires, désireux de démultiplier ses capacité de production, l'exclusivité de son savoir-faire dans l'hétérojonction et les technologies de connections Smartwire.

En échange, REC s'engagerait à partager ses bénéfices avec Meyer Burger. Ce nouveau modèle d'affaires doit permettre à Meyer Burger de monétiser sa technologie et de protéger ses brevets, trop souvent banalisés sur les principaux débouchés de l'industriel de Thoune ces dernières années. (awp)






 
 

AGEFI




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