Les entreprises alimentaires suisses prêtes pour le Brexit

mercredi, 20.03.2019

Même si la situation politique reste confuse, les entreprises alimentaires estiment être prêtes sur le plan opérationnel pour faire face à la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Emmi produit en Suisse du Caffè Latte et du fromage, en Allemagne du yaourt et en Italie des desserts pour le marché britannique. (Keystone)

Les entreprises suisses de l'alimentaire se sentent armées pour faire face au possible Brexit à quelques jours de la date théorique de sortie du Royaume-Uni de l'UE le 29 mars. Elles estiment être prêtes sur le plan opérationnel, même si la situation politique reste confuse.

Un porte-parole de Nestlé a assuré que la priorité du géant veveysan "est d'assurer l'accès continu des consommateurs aux produits alimentaires et aux boissons tant au Royaume-Uni que dans d'autres pays européens, quel que soit le règlement politique final". La multinationale met en place "des plans d'urgence pour minimiser les perturbations pour les consommateurs. Cela inclut la conservation de certains stocks de matériaux et d'ingrédients".

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Le boulanger industriel helvético-irlandais Aryzta estime dans son rapport publié en mars qu'un "Brexit sans accord aurait un impact potentiel inférieur à 2% de l'Ebitda au vu des plans à court terme".

Le groupe a mis au point une "planification opérationnelle", donnant "la priorité à la continuité de l'approvisionnement des principaux clients et lignes de produits au Royaume-Uni", prévoyant des "entrepôts frigoriques supplémentaires pour permettre la hausse des stocks" ou encore "des sources alternatives pour les matières premières essentielles". Aryzta se dit aussi prêt à faire face "à des changements potentiels comme des taxes ou des coûts supplémentaires".

Des solutions alternatives

De son côté, le transformateur laitier Emmi produit en Suisse du Caffè Latte et du fromage, en Allemagne du yaourt et en Italie des desserts pour le marché britannique. "Il ne fait pas partie des cinq premiers marchés étrangers" d'Emmi, reconnaît la porte-parole Sibylle Umiker auprès d'AWP.

L'entreprise lucernoise "a mis sur pied il y a déjà un certain temps une équipe en charge de trouver des canaux logistiques alternatifs et de s'assurer de la mise en oeuvre rapide en cas de changements de certifications. Si des obstacles liés à un 'Brexit dur' devaient persister, Emmi envisagerait des solutions de production alternatives."

Barry Callebaut, le spécialiste des produits à base de cacao et de chocolat, assure, en tant que multinationale, avoir "mis en place un solide plan de continuité des affaires pour pouvoir assurer la poursuite de la production, en cas de conditions changeantes", a indiqué à AWP Frank Keidel, porte-parole de la société. Il cite en exemple la transaction conclue en décembre dernier avec Burton's Biscuit Company, le deuxième plus grand fabricant de biscuits du Royaume-Uni.

Ce dernier "est positionné comme partenaire idéal au Royaume-Uni pour répondre à la demande croissante des clients britanniques dans tous les scénarios du Brexit possibles". Barry Callebaut doit notamment fournir plus de 12'000 tonnes de chocolats et de composés par an à son partenaire.

Le chocolatier Lindt & Sprüngli a enregistré l'an dernier "une excellente croissance de 11,3%" au Royaume-Uni "malgré une situation politique précaire". Les ventes ont généré l'équivalent de 253 millions de francs, ce qui fait du pays son cinquième marché européen. Contacté, le chocolatier s'est refusé à tout commentaire à propos du Brexit.

En février, un accord commercial a été signé entre Berne et Londres. Il entrera en vigueur dès que le Royaume-Uni sera sorti de l'Union européenne, pour garantir le respect des "droits et obligations économiques et commerciaux" résultant des accords conclus entre la Suisse et l'UE. (awp)






 
 

AGEFI



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