Mauro Poggia s'attaque aux sociétés "ubérisées"

mercredi, 06.02.2019

Le conseiller d'Etat genevois estime que les sociétés telles qu'Uber, doivent respecter les dispositions relatives à la protection sociale des travailleurs et aux conditions de travail.

Mauro Poggia a hérité du dossier épineux des taxis à cause de l'affaire Maudet. (Keystone)

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia veut qu'Uber et les entreprises qui fonctionnent sur ce même modèle respectent la loi. Dans une interview accordée mercredi à la Tribune de Genève, le magistrat déclare siffler "la fin de la récréation" pour ces opérateurs.

Mauro Poggia, qui a hérité du dossier épineux des taxis à cause de l'affaire Maudet, estime que les diffuseurs de course doivent respecter les dispositions relatives à la protection sociale des travailleurs et aux conditions de travail. "Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui", regrette-t-il.

L'élu MCG dénonce le modèle Uber qui "fait supporter tous les risques d'entreprise aux particuliers". Ces derniers sont en réalité "des indépendants qui n'en ont que le nom". Si Uber n'engage pas ces chauffeurs comme salariés, il sera mis en demeure de cesser ses activités avec ces personnes qui ne sont pas en règle.

M. Poggia s'en prend aussi aux plate-formes de diffusion qui livre des repas à des particuliers. Une entreprise comme Uber Eats "n'est rien d'autre qu'un employeur pour le compte de ses clients restaurateurs". Le conseiller d'Etat annonce qu'il va saisir le SECO (Secrétariat d'Etat à l'économie) pour avoir son avis.

"Invasions barbares"

"Nous allons d'ores et déjà informer Uber Eats que pour nous ils sont des employeurs et demander à la Caisse cantonale genevoise de compensation de se saisir de ce dossier", indique M. Poggia. En cas d'infraction à la loi, les sanctions peuvent aller "jusqu'à l'interdiction de pratiquer", rappelle-t-il.

Pour le conseiller d'Etat, ces entreprises de diffusion de courses de type Uber "sont comparables à des invasions barbares qui s'installent et se servent tant qu'elles ne trouvent pas de remparts sur leur chemin".

M. Poggia s'attend à un combat juridique pour obliger Uber et d'autres sociétés du même genre, à être dans les clous. Mais le magistrat est prêt à le mener. "On n'a rien à perdre face à une entreprise qui ne verse pas d'impôt à Genève, et qui aujourd'hui précarise des travailleurs". (awp)






 
 

AGEFI



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