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jeudi, 22.11.2018

Marchés actions. La correction de près de 10% au mois d’octobre n’aura pas fait mentir les Cassandres.

Laurent Denize*

Les causes sont aujourd’hui bien identifiées: inquiétudes sur la croissance chinoise, pics des profits US, impacts de la guerre commerciale et risques européens. Faisons le point: 

Macro-économie: La révision à la baisse des anticipations au niveau global va se poursuivre. Les perspectives de la zone euro sont moins favorables. Les derniers PMI sont en ligne avec une croissance de l’ordre de 1,5% annualisée et non plus de 2%. La croissance américaine reste solide (3,5% au 3e trimestre) mais devrait ralentir vers 2,4% en 2019 sous l’effet combiné d’une banque centrale moins accommodante et de la diminution de l’impact de la baisse des taxes. La Chine devrait se stabiliser vers 6% de croissance grâce à un stimulus qui restera mesuré. Les investisseurs ont pris acte de ces révisions (croissance en baisse de 0,5% en 2019) de manière assez violente. 

Valorisations: La saison des résultats, pourtant satisfaisante au global, n’aura pas servi de relais cette fois-ci. Les investisseurs se focalisent sur les pics de bénéfices - voire du cycle - et punissent sévèrement tout avertissement sur résultat ou chiffre d’affaires futurs. Il est impossible aujourd’hui de compter uniquement sur des valorisations redevenues raisonnables dans les marchés développés, voire attrayantes dans les marchés émergents, tant que le nuage des risques ne se sera pas un peu dissipé. 

Momentum: Les flux sortants sont significatifs sur les classes d’actifs risqués et notamment sur les actions «small caps» où les prises de profit ont été les plus marquées. Bien que le facteur «momentum» reste le plus gros contributeur de performance cette année, il a subi un revers majeur en octobre. Les flux sortants des marchés émergents et européens continuent d’alimenter la spirale baissière. Dans ces conditions, la correction peut se poursuivre. 

Mais tout est-il si noir? Non. Au niveau macroéconomique, le mini choc pétrolier auquel nous avons fait face lors des six derniers mois est aujourd’hui effacé redonnant une partie de leur pouvoir d’achat perdu aux consommateurs des pays importateurs de pétrole. 

Au niveau microéconomique, prenons l’exemple de Michelin. L’action a perdu 25% cette année, valant aujourd’hui environ 87 Euros. Aux vues des estimations de résultats sur les 12 prochains mois, la société se traite aujourd’hui à un multiple de huit fois ses bénéfices ce qui correspond à la plus faible valorisation des dix dernières années portant les stigmates d’une crise sans précédent. Certes le secteur automobile est l’enjeu de changements disruptifs majeurs mais les fondamentaux de Michelin restent solides avec une hausse anticipé des résultats de 8% pour l’an prochain. La violence de la correction apporte son lot d’exagérations et donc d’opportunités. Michelin est un exemple parmi d’autres. Investir aujourd’hui dans les champions de demain sachant qu’ils ont perdus un quart de leur valeur en quelques mois n’est peut être finalement pas une si mauvaise idée.

La normalisation ne fait que commencer

Cependant, il faut aussi prendre conscience que la normalisation des politiques des banques centrales ne fait que commencer. Le marché a besoin de s’ajuster, de trouver des nouveaux repères et peut être de consolider encore un peu. Le spectre de la récession n’est toujours pas devant nous. Il faut donc garder son calme et essayer de tirer parti d’opportunités liées à ce nouvel environnement.

*Co-CIO, ODDO BHF AM






 
 

AGEFI



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