Marché de l’emploi: une succession de bonnes nouvelles

dimanche, 20.01.2019

Marco Taddei *

Marco Taddei

La Suisse est-elle en situation de plein-emploi? C’est tout du moins l’impression qui se dégage de la lecture des chiffres publiés par le SECO en début d’année. Le taux de chômage a atteint 2,6% en moyenne en 2018, contre 3,2% l’année précédente.

Conséquence: le chômage est à son niveau le plus bas depuis dix ans. Autre chiffre réjouissant, celui de la création d’emploi. Ces douze dernières années, 1,2 million de nouveaux postes ont été créés, la plupart dans des professions hautement qualifiées.

Ces excellents résultants se répercutent favorablement sur le fonds de compensation de l’assurance chômage qui a clôt l’exercice 2018 par un excédent de 1,1 milliards de francs. L’évolution conjoncturelle positive laisse espérer un assainissement de l’assurance à la fin de 2019.

Une bonne nouvelle pour les salariés aisés et les entreprises car le pour cent de solidarité prélevé sur les salaires à partir de 148.200 francs devrait être supprimé.

Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là.

Les entreprises jouent le jeu

A en croire le SECO «La mise en œuvre de l’obligation d’annoncer les postes vacants introduites le 1er juillet 2018 évolue positivement». Pour rappel: le nouveau dispositif prévoit que dans les professions qui enregistrent un taux de chômage supérieur à 8% les employeurs annoncent leurs places vacantes aux Offices régionaux de placement (ORP).

La procédure s’accompagne d’un délai d’embargo de cinq jours pendant lesquels les entreprises n’ont pas le droit de proposer des emplois en dehors des ORP.

S’il est encore trop tôt pour mesurer les effets de l’obligation d’annonce sur le taux de chômage et l’immigration, les employeurs concernés confirment l’appréciation positive du SECO.

Le constat général est que les entreprises jouent le jeu puisque le nombre de postes vacants annoncés a explosé, passant de 10’000 à 26’000 ces derniers douze mois. Certes, certains chefs d’entreprise, actifs dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration et de la construction, se plaignent de la perte de temps imposée par la préférence indigène, mais cette tracasserie s’avère incomparablement plus faible que le fardeau bureaucratique tant redouté après le vote du 9 février 2014.

Mais ne soyons pas dupes: l’heure de vérité sonnera le 1er janvier 2020 lorsque le seuil de chômage déclenchant l’obligation d’annonce sera abaissé à 5%.

Le scénario à éviter

Du coup, le nombre de catégories professionnelles concernées par la procédure (19 à l’heure actuelle) s’élargira considérablement. A cette même date, la très désuète et contestée «Nomenclature suisse des professions 2000» sera redéfinie et actualisée. Une mise à jour nécessaire pour permettre au dispositif de la préférence indigène de déployer pleinement ses effets et, par ricochet, de couper l’herbe sous les pieds de l’initiative populaire «Pour une immigration modérée», qui prône la suppression de la libre circulation des personnes. Le scénario catastrophe qu’il faut à tout prix éviter!

* Union patronale suisse






 
 

AGEFI



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