Reprise de l’activité manufacturière chinoise

lundi, 02.12.2019

Marché actions. L’indice officiel des directeurs d’achat PMI de novembre a créé une bonne surprise.

Pierre-François Donzé*

En novembre, les principaux marchés boursiers ont été orientés en hausse, portés par des signes de progrès vers une «phase un» d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que par une stabilisation des indicateurs manufacturiers. Ceci a favorisé les secteurs cycliques, comme les industrielles et les valeurs technologiques, tandis que la remontée, même modeste, des rendements obligataires à long terme a soutenu les valeurs financières.

Dernière ligne droite

Sur le front des tractations commerciales, on serait, selon la presse chinoise, proche de la conclusion de la «phase un» d’un accord. Mais Pékin «insiste» sur un report des droits de douane devant en principe entrer en vigueur le 15 décembre sur 160 milliards de dollars d’importations. De son côté, Donald Trump a affirmé se trouver dans la dernière ligne droite. Son soutien aux manifestants pour la démocratie à Hong Kong crée cependant des tensions entre les deux pays, susceptibles de reporter les décisions à l’an prochain. Par ailleurs, il manque encore les mécanismes concrets de mise en place de l’accord.

L’estimation de croissance du PIB américain au troisième trimestre a été révisée en hausse de 1,9% à 2,1% en rythme annualisé. Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a réaffirmé qu’après les trois baisses de taux effectuées cette année, la politique monétaire est à un bon niveau car l’expansion économique peut continuer. En Allemagne, l’indice du climat des affaires Ifo est ressorti à 95,0, un léger mieux qu’en octobre à 94,7. En Suisse, le PIB a augmenté de 0,4% au troisième trimestre, soit 1,1% sur un an, au-dessus des attentes. 

Une reprise modérée

En Chine, l’indice officiel des directeurs d’achat PMI de novembre a créé une bonne surprise, affichant un rebond à 50,2 en novembre (49,5 attendus), pour la première fois au-dessus de 50 depuis le mois d’avril. Celui du secteur manufacturier s’est affiché à 54,4 contre 53,1 attendus. Une série de mesures d’assouplissements (comme notamment la baisse des taux sur les facilités de crédit à un an) effectués par la banque populaire de Chine donnent d’ailleurs un tour plus accommodant à la politique monétaire, venant en soutien à la consommation et à l’investissement. Ceci augure une reprise modérée de la croissance en 2020 qui devrait supporter le marché des actions chinoises.

Le niveau actuel nous incite à entrer sur l’indice SP400

Le rapport entre les deux indices SP400 sur SP500 montre aujourd’hui une attractivité relative des Mid cap d’un niveau qui n’a plus été observé depuis la crise de 2008 (voir graphique). Dans le même temps les bénéfices des Mid cap américains ont progressé bien plus fortement sur les 10 dernières années que ceux de l’indice SP500. Le niveau actuel nous incite à entrer sur l’indice SP400.

Retard sur le marché espagnol

L’indice de la bourse espagnole l’IBEX35 qui, comme son nom le laisse présager, regroupe les 35 principales valeurs de la cote madrilène. Contrairement aux autres indices européens et américains, qui flirtent pour la plupart avec leurs plus hauts niveaux historiques, le marché espagnol n’a progressé «que» de 13,8% en 2019, sous-performant l’indice européen Eurostoxx50 de près de 15% sur la période. Ce retard s’explique en partie par l’exposition de 25% de l’IBEX35 au secteur bancaire qui a souffert jusqu’à fin août de l’aplatissement généralisé de la courbe de taux. 

La valorisation moyenne de l’indice espagnol est également très attractive par rapport à celle de l’indice global européen (13,5 fois les bénéfices contre plus de 15 fois). La cassure à la hausse de l’indice espagnol lui permettrait de récupérer une partie de son retard par rapport aux autres indices.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI




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