La volatilité sur les marchés reste élevée

lundi, 10.12.2018

Marché actions. L’évolution des relations entre la Chine et les USA se détériore et entre dans une phase importante.

René Morgenthaler*

On se rappelle de la première rencontre entre le président Xi Jinping et le président Donald Trump, qui s’est déroulée au club de Mar-a-Lago, propriété de ce dernier en Floride en avril 2017. Tout n’était que sourire et courtoisie. L’agence de presse officielle chinoise a parlé de triomphe et le président américain a déclaré que la rencontre s’était avérée positive et fructueuse. M. Trump avait même qualifié la relation d’exceptionnelle car il s’agissait effectivement d’une amélioration comparativement aux propos tenus durant sa campagne électorale en 2016. 

Désormais, l’approche plus musclée envers la Chine n’a pas cessé de croître au sein de l’administration Trump, qui est d’ailleurs rapidement passée de la parole aux actes avec l’imposition des importations de marchandises chinoises. Les marchés boursiers chinois se sont par conséquent fortement repliés et, dans une certaine mesure, l’ensemble des marchés boursiers ont réagi rapidement et négativement. Au début de la semaine, les investisseurs ont été soulagés après la réunion entre les deux présidents à Buenos Aires où a eu lieu le G20 aboutissant à un accord potentiel dans leur conflit commercial. Mais actuellement beaucoup doutent de la concrétisation de cet accord.

La croissance de l’emploi a ralenti en novembre aux Etats-Unis et les hausses salariales n’ont pas répondu aux attentes. Le nombre d’emplois créés a plafonné à 155.000 le mois dernier, alors que le marché en attendait 200.000. Cette statistique mensuelle, l’une des plus suivies et attendues, tombe alors que les marchés connaissent de nouvelles turbulences. De plus, une courbe des rendements qui s’est partiellement inversée fait craindre une récession. Le taux de chômage, lui, était inchangé à 3,7% pour novembre, au plus bas depuis presque 49 ans. 

Face à toutes ces incertitudes de court et moyen terme, la volatilité devrait rester élevée ces prochaines semaines. Les risques liés aux guerres commerciales, l’évolution de la courbe des rendements américains et le Brexit vont continuer à impacter les marchés financiers.

Recommandations

Credit Suisse Group AG (ISIN: CH0012138530, prix: CHF 11.10)

Le numéro deux bancaire helvétique n’échappe pas à la forte volatilité qui règne sur les marchés. De plus, une pression s’exerce spécifiquement sur le secteur bancaire européen. L’activité économique un peu morose en Europe atténue la probabilité d’une hausse des taux dans un avenir proche, qui serait l’élément salvateur pour tout prêteur.

Si Tidjane Thiam, le CEO de Credit Suisse, vient de terminer son plan de restructuration de grande ampleur, les investisseurs attendent aujourd’hui des actes qui généreront de la croissance. L’Asie pourrait être la clé: Credit Suisse a clairement identifié comme cible cette région qui compte aujourd’hui plus de milliardaires qu’aux États-Unis.

Credit Suisse est valorisé aujourd’hui à 0,7 fois sa valeur comptable, en-dessous de la moyenne sur 5 ans (0,8 fois). À défaut de séduire les investisseurs, Credit Suisse séduit toujours davantage de clients: depuis 2016 l’établissement enregistre plus de 30 milliards de francs d’argent frais chaque année. Nous suivrons avec attention la journée des investisseurs de l’établissement, qui se tiendra ce mercredi à Londres, où seront très probablement annoncés un rachat d’actions de plusieurs milliards de francs et une hausse du dividende.

Ce titre fait partie de nos investissements en mandat.

Broadcom (ISIN: US11135F1012, prix: USD 228.56)

Le fabricant de semi-conducteur a publié des résultats et des perspectives supérieurs aux attentes.

Au quatrième trimestre, clos début novembre, le groupe a réalisé un bénéfice net de 1,1 milliards de dollars. Les ventes de Broadcom ont bondi de 12% à 5,4 milliards de dollars, soutenues par une forte demande pour ses produits de stockage et de réseaux pour entreprises.

Sur le nouvel exercice, la société vise en moyenne un chiffre d’affaires d’environ 24,5 milliards de dollars, supérieur aux anticipations des analystes. Pour l’année prochaine, le groupe prévoit une autre année de croissance à deux chiffres des revenus. Broadcom anticipe également une marge d’exploitation record grâce à l’amélioration du levier d’exploitation.

Le dividende trimestriel a été augmenté de plus de 50% à 2,65 dollars. Le groupe a rappelé sa volonté de distribuer 50% de son «free cash-flow» via des dividendes, le solde étant utilisé pour des rachats d’actions ou des opérations de croissance externe. La société a fait l’acquisition cette année de l’éditeur de logiciels CA Technologies pour 19 milliards de dollars, après l’échec du projet de rachat de Qualcomm.

*Responsable de la gestion discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI



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