Le ralentissement des services inquiète

lundi, 07.10.2019

Marché actions. L’évolution des marchés financiers continue d’être scandée par une même dynamique.

Pierre-François Donzé*

Les préoccupations sur l’état de l’économie globale sont tour à tour mitigées par les signes d’avancée des discussions sur le conflit commercial ou par la conviction que les banques centrales viendront de toute façon à la rescousse.

La semaine écoulée a été turbulente sur les marchés boursiers, affectés par l’évidence d’une détérioration prononcée des perspectives de croissance économique mondiale. Les indicateurs manufacturiers PMI récents sont venus accentuer les craintes de récession. 

Investisseurs secoués

Au niveau global, on se situe maintenant à 49,7, juste au-dessous de la ligne d’expansion, et les signes de ralentissement affectent aussi le secteur des services. La publication de l’indice non-manufacturier américain, qui a plongé à 52,6, a ainsi secoué les investisseurs. Ce chiffre est pourtant compatible avec une croissance du PIB américain entre 1,5 et 2% au troisième trimestre. Une fois de plus, l’espoir de politiques monétaires plus accommodantes, avec notamment une coupe de taux de la part de la Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion, a permis une stabilisation avec un retracement d’une partie des pertes sur les actions. 

Le président de la Fed J. Powell s’est montré rassurant, admettant qu’il y a un risque sur la croissance mais que l’économie US est encore en bonne situation. Le rapport sur l’emploi américain, publié vendredi, a également apporté un soulagement aux investisseurs avec des créations de postes de travail quelque peu au-dessous des attentes, à +136.000. Par ailleurs, le taux de chômage a affiché une baisse de -0,2% pour se situer à 3,5%, au plus bas des 50 dernières années. C’est surtout la modeste croissance salariale, +2,9% sur un an, qui a conforté les esprits, laissant penser que la pression inflationniste n’est pas au rendez-vous et que par conséquent la Fed est à même de poursuivre la baisse des taux. 

Du coté des négociations commerciales sino-américaines, elles devraient reprendre ces jeudi et vendredi avec la visite du vice premier ministre chinois Liu He à Washington. Le ton nous semble avoir un peu plus d’entrain, même si certaines rumeurs laissent entendre que les chinois auraient réduit l’amplitude des accords potentiels.

Attrait pour le métal jaune

L’or suscite l’intérêt des investisseurs, en témoignent les positions nettes élevées détenues par ceux-ci au cours des dernières semaines. 

L’or possède plusieurs attraits qui séduisent le marché, à commencer par son statut de valeur refuge. Quand les turbulences touchent les marchés et les incertitudes augmentent, un réflexe naturel, comme lors de toute tempête, est de trouver un abri. Dans la situation où les investisseurs se départissent de leurs positions en actions, l’or est une alternative aux liquidités. 

C’est d’autant plus tentant aujourd’hui au vu des intérêts négatifs qui sévissent en CHF et en EUR. La principale entrave à la détention d’or en comparaison à des avoirs en liquidités était historiquement l’absence de rémunération (taux d’intérêt). Aujourd’hui, le coût d’opportunité de détenir de l’or est même devenu négatif pour un investisseur en CHF ou en EUR! 

Un autre avantage du métal jaune par rapport aux monnaies conventionnelles est que sa valeur n’est pas manipulable par une banque centrale. Les dévaluations monétaires à des fins de relance économique peuvent même avoir un effet positif sur le métal jaune: une baisse du dollar entraînera mécaniquement une hausse du prix de l’once d’or (en USD). 

L’exposition à l’or peut être obtenue de façon très efficiente et à faible coût, notamment au travers d’ETFs.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI




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