L’incertitude reste de mise

lundi, 20.07.2020

marché actions. Les taux négatifs restent inchangés et les achats d’obligations périphériques se poursuivent.

Valentin Girard*

Sur le plan sanitaire la situation reste tendue. Les Etats-Unis ont battu des records quotidiens de nouveaux cas et l’Inde a reconfiné pratiquement 10% de sa population. L’espoir d’un vaccin, avec l’avancée majeure de Moderna, a soutenu les marchés financiers. Mais la détérioration des relations sino-américaines et les élections US qui approchent commencent également à titiller le moral des investisseurs.

L’issue de la réunion de la BCE a été sans surprises. Les taux négatifs sont inchangés et les achats d’obligations périphériques se poursuivent, notamment de BTP Italie. Christine Lagarde a exhorté les dirigeants européens à se mettre rapidement d’accord sur le plan de relance «ambitieux» de 750 milliards d’euros, voué à soutenir les Etats les plus touchés par la pandémie. Amorçant la quatrième journée de débats, le Conseil européen réuni à Bruxelles n’avait pas encore trouvé lundi dernier un accord définitif. Selon les bruits de couloirs, ils pourraient s’entendre sur un montant de subventions de  390 milliards d’euros et sur un montant de prêts à taux bas de  360 milliards d’euros.

La saison des résultats va révéler le véritable impact du confinement et laisse présager un regain de stimulus de la part des gouvernements. Les grandes banques américaines ont ouvert le bal. L’activité de négoce a généré des recettes énormes. Plus forte que Goldman Sachs, USD 2,4 milliards de dollars de profit comme l’an dernier, Morgan Stanley a vu son profit s’envoler de 45% à 3,2 milliards de dollars. Les banques qui ont un grand portefeuille de prêts, commerciaux ou au consommateur, ont été par contre affectées par d’importantes provisions pour créances douteuses. Le bénéfice de Bank of America par exemple a chuté de moitié, amputé par 5,1 milliards de dollars de provisions.

La FED se réunira le 28 et 29 juillet

La semaine dernière a livré une salve de chiffres économiques contrastés. La Production industrielle américaine, s’est établie à +5,4% en juin sur un mois et les ventes au détail ont rebondi de +7,5%. Mais 1,3 millions de personnes se sont inscrites comme demandeurs d’emploi entre le 5 et le11 juillet, ce qui fait un total de 17,33 millions de demandeurs.

La Fed se réunira les 28 et 29 juillet. Dans son beige book, elle signale la grande incertitude sur la trajectoire de la pandémie, l’activité reste nettement en dessous du niveau avant Covid19, donc le focus sur une politique reste accommodante nécessaire.

Le PIB chinois pour le second trimestre a augmenté de +3,2% sur un an alors que le consensus était de 2,5%. Mais les ventes au détail (-1,8% en juin sur un an contre +0,5% attendu) ont déçu, laissant penser que le rebond économique ne sera pas en forme de V. 

Le Nasdaq défie la gravité

On retrouve aujourd’hui quelques articles parlant de la formation d’une bulle spéculative sur le Nasdaq100, les plus grandes valeurs technologiques de l’indice américain. Et pour cause, le graphique ci-dessous présente la performance du Nasdaq100 en relatif de celle du Russell2000. Le Russell2000 est l’indice des Small et Mid cap américaines.

La moyenne historique du ratio Nasdaq100/Russell2000 se situe au niveau de la ligne orange sur le graphique. Le ratio, aujourd’hui, s’en écarte massivement et se rapproche des niveaux observés durant la bulle Internet des années 2000.

Rien ne montre un inversement de tendance si ce n’est que le différentiel de valorisation s’exacerbe. Le P/E médian du Nasdaq atteint les 29 fois les bénéfices contre 19 fois pour le Russell2000. La performance du Nasdaq100 frôle les 22% depuis le début d’année contre -11% pour le Russell2000. Une fois de plus au sein de chaque univers de titres, ce sont les titres les plus lourds qui soutiennent l’indice. A titre d’illustration, la performance médiane sur l’année de tous les titres du Russell2000 est de -22%!

La surperformance du Nasdaq100 vs Russell2000 est au plus haut depuis 20 ans. L’élastique se tend mais impossible de dire quand il cassera. 

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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