Un début d’année en fanfare

lundi, 14.01.2019

Marché actions. Les principales bourses ont profité la semaine dernière d’un élan globalement positif.

Julien Staëhli*

Les marchés actions ont repris des couleurs depuis l’intervention il y a tout juste une semaine de Jérôme Powell, le président de la Réserve fédérale américaine. Celui-ci a en effet promis patience et réactivité dans la conduite de la politique monétaire américaine. Un leitmotiv qu’il a encore répété jeudi dernier. 

Les négociations de trois jours entre Pékin et Washington ont elles aussi fait espérer une sortie de crise prochaine entre les deux principales puissances économiques mondiales, même si peu d’avancées concrètes ont été annoncées à l’issue de ce cycle de discussions. 

Coté mauvaises nouvelles, les administrations fédérales américaines restent partiellement fermées suite au désaccord entre le Congrès et le président Donald Trump. Ce dernier exige toujours 5,7 milliards de dollars pour construire un mur de séparation entre les Etats-Unis et le Mexique, financement que lui refuse le Congrès. Ce blocage budgétaire (shutdown), le plus long de l’histoire américaine constitue un élément d’incertitude qui, pour l’heure, ne semble pas trouver de dénouement tant les belligérants campent radicalement sur leur position.

Au niveau des statistiques macroéconomiques,  les prix de détail aux Etats-Unis ont baissé en décembre pour la première fois depuis neuf mois. Malgré cela, l’inflation sous-jacente est restée soutenue suite aux hausses des prix dans le logement et la santé. Les chiffres de l’inflation a permis au dollar d’effacer une partie du terrain perdu sur l’ensemble de la semaine mais le billet vert devrait rester sous pression à moyen terme.  

Les marchés obligataires en Europe ont vécu une semaine très active en termes de nouvelles émissions avec pas moins de 35 milliards d’euros de dettes émises par les divers gouvernements de la zone. Il s’agit du volume d’émissions hebdomadaire le plus important des trois dernières années.

Cette semaine, les investisseurs attendent le début de la saison des publications de résultats trimestriels aux Etats-Unis, qui débutera avec celles des grandes banques américaines. Ces publications devraient dicter la tendance des marchés dans les prochains jours. En Europe, toute l’attention sera tournée vers le Royaume-Uni où la Chambre des Communes doit se prononcer mardi sur l’accord de sortie de l’Union européenne négocié entre Londres et Bruxelles.

Recommandations

Samsung (ISIN: US7960502018, Prix: EUR 640.01)

Le plus grand groupe d’électronique au monde s’attend désormais à un bénéfice en repli de 29% sur les trois derniers mois de 2018.

Le chiffre d’affaire a aussi été revu à la baisse de plus de 10%.

En cause, la stagnation qui affecte deux de ses marchés clefs: les puces mémoire et les téléphones portables. Sur les puces mémoire, un marché à 125 milliards de dollars sur lequel Samsung est le n°1 mondial, le groupe est victime de surcapacité dans un marché où les prix ont chuté.

Or, les puces mémoire représentent plus d’un tiers des ventes de la société, et plus de trois quart de son bénéfice globale.

Samsung fait également les frais d’un marché du smartphone en ralentissement. Le groupe est toujours le numéro un mondial. Mais il s’est fait évincer en Chine, le premier marché mondial, par les fabricants locaux comme Huawei, numéro un du marché chinois et deuxième constructeur au monde.

Samsung parie désormais sur le 5G, le prochain standard de téléphonie mobile, et sur des innovations comme le smartphone pliable pour se relancer sur ce marché.

Cie Financière Richemont (ISIN: CH0210483332, prix: CHF 67.64)

Le 29e Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH) ouvre ses portes aujourd’hui à Palexpo. Le rendez-vous des professionnels, qui lèvera le voile sur les nouveaux modèles de 35 marques présentes, a lieu cette année dans un climat de confiance mitigé. Même si la reprise des ventes observée en 2017 s’est consolidée en 2018, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pourrait peser sur le moral des acheteurs du luxe en 2019.

Richemont a pour sa part publié ses résultats sur le dernier trimestre de 2018. Ils font état d’une progression du chiffre d’affaire de 25% par rapport au même trimestre l’année passée. Cependant, ce chiffre est gonflé par les acquisitions du groupe: Yoox-net-à-porter, un site de vente de produits de luxe et Watchfinder, spécialisé dans la vente de montres d’occasion de luxe. La croissance organique, elle, affiche une croissance de 5% sur la période. Tous les marchés affiche une progression des ventes. La nouvelle a été bien accueillie par le marché.

Le titre est en baisse de plus de 30% depuis le mois de mai 2018 et a accumulé un retard de 25% sur le SMI. La valorisation du titre se situe proche de la médiane du secteur à 17x les bénéfices 2020.

En relatif, nous préférons le titre de Swatch à celui de Richemont, qui est moins cher (14x les bénéfices 2020). De plus, le bilan de Swatch offre un levier opérationnel permettant un fort rebond de la profitabilité si la bonne santé du marché se maintient.

*Gérant discrétionnaire à la banque Bonhôte






 
 

AGEFI



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