Humeur complaisante

lundi, 24.09.2018

Marché actions. Les marchés boursiers ont ignoré les signes d’escalade des tensions commerciales et se sont globalement orientés en hausse.

Julien Staehli*

Le sentiment s’est amélioré sur les marchés émergents. La situation de guerre commerciale semble intégrée et seules les dégradations dans les nouvelles influencent négativement. 

Aux Etats-Unis, le Dow Jones et le S&P500 ont enregistré un plus haut historique, poussés notamment par les valeurs industrielles et financières. Ces gains ont été supportés par une amélioration des statistiques économiques. Ainsi les inscriptions hebdomadaires au chômage se sont inscrites à 201.000, au plus bas depuis 1969. Les enquêtes régionales sur les perspectives d’activité de la Fed de New York et de Philadelphie sont en territoire d’expansion et l’indice des indicateurs avancés, en progression de 0.4%, est compatible avec une croissance du PIB américain de l’ordre de 3%.

Ce lundi, la taxation de 10% concernant USD 200 mrds de biens chinois importés entre en vigueur aux Etats-Unis. L’impact potentiel de cette salve de droits de douane est loin d’être négligeable pour la croissance chinoise, avec un impact négatif estimé à -0.5% sur le PIB. La Chine va répliquer de façon imminente avec une sur-taxation sur USD 60 mrds d’importations américaines. Il est clair qu’elle va rapidement manquer de munitions de ce type, vu son gigantesque excédent commercial avec les Etats-Unis. La Chine a annulé la série de négociations qui était prévue prochainement, reportant les discussions après les élections de mid-term. Elle espère vraisemblablement un Donald Trump plus faible politiquement suite à une perte de majorité dans l’une des deux Chambres. Par conséquent, tout espoir d’apaisement proche du conflit est faible. 

En Suisse, la BNS a répété sans surprise, jeudi dernier, que le franc suisse est trop fort (EUR/CHF 1.126) et a révisé à la baisse ses prévisions d’inflation. Pour l’heure, l’économie helvétique reste robuste. Un relèvement des taux n’est pas attendu avant début 2020.

L’évènement majeur ce mercredi est la réunion de la Fed, qui annoncera sans doute une hausse, largement anticipée, de 25pb de ses taux directeurs pour les porter à 2- 2.25%. Les investisseurs seront sensibles à une modification possible des prévisions du PIB et aux changements potentiels concernant les taux terminaux des Fed funds. 

Recommandations

Adecco (ISIN: CH0012138605, prix: CHF 52.86)

Le groupe a présenté l’évolution de la marche de ses affaires sur le 3e trimestre. Alors qu’au premier semestre Adecco avait annoncé s’attendre à un 2e semestre meilleur, les premières données n’en prennent pas le chemin. La croissance a reculé de 4% à 2% sur le mois d’août, et septembre ne s’annonce guère meilleur. Assez pour décevoir le marché. 

Dans la phase de transition qui s’annonce, Adecco vise à se «digitaliser»  tout en développant des modèles qui capitalisent sur les grandes évolutions tendancielles du secteur (création de filières de formations pour adapter les compétences disponibles à la demande du marché et partage de compétence en «time sharing» entre plusieurs employeurs). 

Adecco développe également une plateforme pour mettre en contact les travailleurs indépendants en France avec les grands groupes à la recherche de compétences. Adecco fournit sur cette plateforme une large gamme de services aux «free-lances» qui va de la comptabilité, aux services juridiques en passant par la sécurisation des payements et la souscription d’assurances (nouveau business model). 

Même si à court terme un petit ralentissement est à noter, nous conservons le titre sur notre liste de recommandations d’achat. A 9.5 fois les bénéfices 2019, Adecco est très raisonnablement évaluée, son dividende de 4.9% constitue un support au cours du titre et les initiatives entreprises par la société pour améliorer ses marges et dynamiser sa croissance nous convainquent pleinement.

Aston Martin

Le constructeur de voitures de sport Aston Martin, pilotées par l’agent secret James Bond, espère peser entre 4 et 5 milliards de livres sterling lors de son entrée en bourse à Londres début octobre. Fondé il y a 105 ans, il joue la carte du luxe dans un marché automobile actuellement déprimé par les perspectives de droits de douane. L’objectif est de lever des capitaux pour financer son futur programme d’investissement. 

La fourchette de prix proposée est comprise entre 17.5 et 22.5 livres par action (CHF 22-28), ce qui valorise l’ensemble du groupe entre 4 et 5 milliards de livres (CHF 5-6.3 mrds). Le prix d’introduction sera connu le 3 octobre. Le groupe entend placer 25% de son capital avec une vente de la part des principaux propriétaires: le fonds italien Investindustrial (38%) et des investisseurs d’Adeem Investments, Asmar au Koweit ainsi que la société d’investissement Primewagon (57% du capital en tout). Daimler qui détient 4.9% du capital conservera toutes ses parts.

Aston Martin a connu un redressement de ses activités après une histoire marquée par des faillites et génère des profits. 5000 véhicules ont été vendus en 2017, soit une progression de 58% par rapport à 2016. Son plan de développement ambitieux comprend une nouvelle génération de Vantage et de la DBS et une gamme de SUV.

Opinion: Aston Martin veut jouer dans la même ligue que Ferrari en termes de multiples de valorisation. Mais la marque n’est pas aussi forte, avec des marges plus faibles et une demande moins robuste. Le côté luxe attirera sans doute nombre d’investisseurs.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI



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