Entre virus et liquidité, mon cœur balance

mercredi, 24.06.2020

marché actions. Les Bourses étaient orientées en hausse sur la semaine écoulée, malgré quelques tensions ressenties.

Valentin Girard*

Valentin Girard

L’évolution des marchés financiers reste volatile, dominée par la persistance de la pandémie de coronavirus dans le monde, avec en particulier une remontée du nombre d’infections dans une douzaine d’Etats américains dont la Californie, le retour de cas en Chine et en Allemagne. 

Les marchés actions étaient toutefois orientés en hausse sur la semaine écoulée (S&P500 +1.9%, Euro Stoxx600 +3.2%) malgré quelques tensions ressenties. Les investisseurs ont par ailleurs apprécié les déclarations du gouvernement chinois qui s’est dit prêt à intensifier les achats de biens agricoles en provenance des Etats-Unis. Le marché boursier chinois a profité de l’annonce d’un remaniement de l’indice, avec l’inclusion de plus de sociétés de haute technologie. 

Le montant significatif de liquidités dans le système, des statistiques économiques montrant un redressement aux Etats-Unis (bond de 17% des ventes au détail en mai) ainsi que l’espoir d’un vaccin ont quelque peu compensé les craintes liées à l’expansion du coronavirus. Les marchés vont rester erratiques dans un environnement où il est difficile de se fier aux fondamentaux économiques ou d’entreprises. La tendance est modérément haussière alors que les perspectives bénéficiaires sont révisées en baisse. Les ratios cours/bénéfices élevés rendent les actions plus vulnérables aux mauvaises nouvelles. Mais l’action des banques centrales leur fournit un filet de sécurité et elles sont attrayantes face aux obligations.

L’annonce de la Fed, qui va directement acheter les obligations d’une vaste catégorie d’entreprises sur le marché secondaire, souligne sa volonté d’assurer que les conditions de crédit demeurent souples. La BCE a lancé une quatrième série d’opérations de refinancement à long terme pour atteindre 1308 milliards d’euros et la Bank of England va porter son programme d’achat d’actifs à 100 milliards de livres sterling. Globalement, les achats des banques centrales favorisent un resserrement des spreads de crédit. 

Les brasseurs: un secteur à suivre

Depuis le début de l’année, le secteur européen des boissons accuse un retard de performance sur le MSCI Europe (-17% contre -12% respectivement) à l’heure où les commerces réouvrent. Historiquement, ce secteur affiche une prime en termes de valorisations par rapport au marché, justifiée par des revenus plus réguliers que la moyenne. En effet, le P/E du secteur est historiquement toujours plus cher que son indice de référence. Or, avec le confinement cette prime s’est effondrée. 

Au sein de l’univers, les brasseurs ont particulièrement souffert, Anheuser-Busch s’inscrit en repli de 36% sur l’année. Les brasseurs sont cependant moins exposés à la consommation dans les restaurants et le bars où les mesures de distanciation sociale continueront à peser. 

Anheuser a été particulièrement sanctionnée durant la crise par son niveau d’endettement plus important que la moyenne (ratio de 44% de dettes sur le total des actifs, contre 34% pour le secteur) mais ce point est à relativiser pour 2 raisons: 

1) Le groupe affiche un rating «investment grade» honorable de BBB+

2) Le rendement de ses emprunts à 10 ans actuellement de 1% est resté relativement stable durant la crise démontrant la confiance du marché dans la solvabilité du groupe. 

En 2021 les JO de Tokyo et l’Euro de foot seront des catalyseurs positifs pour la marche des affaires, même si à court terme les résultats du 2e trimestre seront naturellement encore mauvais.  En conclusion, la valorisation du secteur est au plus bas, de gros événements de masse auront lieu en 2021 et la pénalisation surfaite, due au niveau d’endettement un peu plus élevé que la moyenne, font d’Anheuser-Busch un éventuel candidat intéressant pour un reverse convertible. A suivre.

*Gérant discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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