Une série historique de semaines haussières

lundi, 25.02.2019

Marché actions. Les actions aux Etats-Unis ont vécu une série exceptionnelle de neuf semaines de hausses.

Valentin Girard*

Il s’agit d’une progression cumulée de 21,6% pour le Nasdaq depuis le 24 décembre dernier. Le gain de la semaine passée avec 0,6% est symbolique et il n’y a eu que quatre séances (lundi était férié), mais le «bull trend» semble toujours aussi solidement établi.

Les indices actions sont soutenus par l’espoir d’une avancée significative des discussions commerciales sino-américaines. Les marchés ont salué la rencontre à Washington de Donald Trump et Liu Hé, le vice-premier ministre chinois en charge des questions économiques. Même si Donald Trump ne fait que reporter le délai du 1er mars pour le passage à 25% des taxes à l’importation, ceci signifie tout de même que la résolution du conflit commercial est en bonne voie et que ce report pourrait précéder une levée imminente de toutes les sanctions douanières. 

En effet, le comportement des investisseurs donne l’impression que la guerre commerciale avec la Chine est déjà finie. Cette attitude optimiste est d’autant plus intéressante qu’en même temps se dessinent de nouvelles tensions entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Cette dernière prépare une liste d’entreprises américaines à viser si les Américains décidaient de taxer les voitures allemandes, ce qui illustre bien que la tension est loin d’être résolue. 

Appétit pour la dette 

En Europe, l’inflation a poursuivi son ralentissement en janvier dans la zone euro (1,4% contre 1,5% en décembre). Les taux d’emprunt à dix ans des pays jugés solides, comme l’Allemagne ou la France, sont remontés la semaine passée, soutenus par des données macroéconomiques légèrement supérieures aux attentes. Les investisseurs se tournent vers des actifs qui offrent un meilleur rendement au détriment d’actifs jugés plus sûrs. Autrement dit, le marché montre de l’appétit pour la dette de pays considérés plus risqués, tels que l’Italie. 

Cette semaine, les marchés boursiers sont susceptibles de poursuivre leur trajectoire haussière. Il faut cependant rester prudent car une déception par rapport aux anticipations positives sur l’évolution des pourparlers commerciaux pourrait s’avérer brutale.

Recommandations

Swiss Re AG (ISIN: CH0126881561, prix: CHF 98,44)

La société a publié ses résultats sur l’année 2018, qui s’inscrivent en hausse par rapport à 2017. Pour rappel, 2017 avait été lourde en catastrophes naturelles: les ouragans «Harvey», «Irma» et «Maria» avaient pesé sur le bénéfice, qui était alors passé de 3,5 milliards de dollars en 2016 à 331 millions de dollars.

L’année 2018 a également apporté son lot de sinistres: elle a été la quatrième année la plus coûteuse de l’histoire pour l’industrie de l’assurance. Les ouragans Florence et Michael aux États-Unis, les typhons «Jebi» et «Trami» au Japon, les incendies en Californie ou encore le pont effondré à Gênes auront coûté au total la bagatelle de 3 milliards de dollars à l’entreprise. Malgré cela, Swiss Re a quand-même réussi à afficher un bénéfice net en progression par rapport à l’année précédente, à hauteur de 421 millions de dollars.

Le titre s’est bien comporté en 2018 en absolu comme en relatif et continue sur sa lancée. En hausse de près de 10% depuis le premier janvier, le titre apparaît plutôt chèrement évalué sur la base d’un ratio Prix/Valeur comptable de 1,2. Toutefois, l’annonce simultanée d’une hausse de dividende pour 2019 à 5,60 francs par part et d’un programme de rachat de titres (pour environ 2 milliards de francs) devrait soutenir le cours.

Kraft Heinz Company (The) (ISIN: US5007541064, prix: USD 34,95)

Kraft Heinz, une des plus grandes compagnies mondiales de l’industrie alimentaire, a annoncé un flot de mauvaises nouvelles à l’occasion de la publication de ses résultats pour le quatrième trimestre 2018. La conférence qui a suivi, évoquant la consolidation de l’industrie comme objectif, a accentué les craintes des investisseurs.

Les résultats publiés et les perspectives (bénéfice avant impôt entre 6,3 et 6,5 milliards de dollars pour 2019, une baisse de 10% par rapport à 2018) sont inférieurs au consensus. Une importante charge de dépréciation de 15,4 milliards de dollars pour les marques Kraft et Oscar Meyer a aussi grevé l’exercice. Le dividende a été coupé de 36% pour passer de 2,50 dollars à 1,60 dollars. En outre, la SEC enquête sur ses pratiques comptables. 

Avec un ratio cours/bénéfice de 12 fois 2019, le titre peut sembler attractif mais il convient d’être prudent. Kraft Heinz se retrouve en mauvaise posture avec de faibles perspectives pour son portefeuille de marques à cause notamment de la popularité grandissante des marques privées. Les consommateurs recherchent des produits plus naturels. De plus, les coûts pour réaliser ses objectifs de croissance sont élevés.

La stratégie de Heinz consistant à faire des acquisitions par endettement pour ensuite couper les coûts et opérer des synergies semble montrer ses limites.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI



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