Poussée de fièvre de la volatilité

mardi, 03.03.2020

marché actions. La mesure de volatilité du S&P500 frisait les 40 de fièvre jeudi et vendredi, à plus de 49.

Françoise Mensi*

Françoise Mensi

Un vent de panique a frappé les marchés boursiers. La mesure de volatilité du S&P500 frisait les 40 de fièvre jeudi et vendredi, à plus de 49, le patient ne répondait plus. Les craintes se sont multipliées avec la déclaration du CDC (Center For Disease Control) de se préparer à une pandémie.

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Historiquement, il y a eu peu d’occurrence de chute aussi violente des marchés actions. On compare à celle provoquée par la crise financière de 2008, les ouragans, Fukushima ou les longues grèves pour tenter de trouver le fond. Cette amplitude de baisse, généralisée à tous les secteurs, porte à croire que des fonds avec levier se sont vus contraints de liquider leurs positions. Témoin le violent repli du cours de l’or vendredi, sans doute pour couvrir des appels de marge. Le marché obligataire souverain a bénéficié de la course à la qualité et des craintes de récession. Les rendements à 30 et 10 ans US ont atteint le plus bas depuis la création des Etats-Unis en 1790 et la courbe a accentué son inversion! Les taux italiens ont peu augmenté signe que c’est vu comme un problème global.

Les appels aux banques centrales et aux gouvernements pour stimuler la demande se multiplient. Du côté budgétaire, plusieurs prévoient des dépenses exceptionnelles. Les autorités monétaires semblent assez réticentes à intervenir de façon imminente. Le mandat de la Fed n’est pas de soutenir le marché boursier dans une année d’élection mais elle se veut flexible. Suite au discours de J. Powel on espère une coupe de taux lors de la réunion des 16-17 mars. La Banque du Japon est aussi prête à sortir tout son arsenal pour garantir la stabilité des marchés financiers.

Indice manufacturier au plus bas depuis sa création

L’indice Caixin, qui mesure l’activité manufacturière chinoise, a baissé en février à 40.3, le plus bas depuis sa création. Les actions en Chine continentale étaient mieux orientées qu’ailleurs aidées par la diminution des nouveaux cas et les mesures de soutien de Pékin notamment aux petites entreprises. On s’attend à une réduction de taux pour que des prêts soient facilités. Désormais, on ne parle plus de sauver la planète, on mesure si le taux de pollution remonte en Chine. Ce serait un soulagement!

A ce stade, on ne peut malheureusement pas dire que les actions sont redevenues bon marché. Ainsi, l’indice S&P500 se traite autour de 17 fois les estimations bénéficiaires, contre 15 de moyenne historique depuis 2009. En décembre 2018, le P/E était seulement de 13.5 fois. Mais les taux longs très bas viennent soutenir les évaluations. Des rebalancements des portefeuilles pourraient en outre avoir lieu en ce début de mois.

*Gérante discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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