Un premier trimestre 2019 mémorable

lundi, 01.04.2019

Marché actions. La bourse américaine a affiché sa meilleure performance trimestrielle depuis 10 ans.

Julien Staehli*

Ce premier trimestre 2019 va sans doute rester en mémoire pour la performance très positive enregistrée par la plupart des actifs, allant des marchés actions aux obligations souveraines et privées, en passant par le pétrole et l’immobilier. La bourse américaine a affiché sa meilleure performance trimestrielle depuis 10 ans! 

Les marchés boursiers gardent leur calme malgré le ralentissement économique observé au niveau mondial. L’inversion de la courbe des rendements US, les taux à trois mois se situant à 2,6% contre 2,42% pour les 10 ans, a pu inquiéter car historiquement cette configuration a signalé l’arrivée d’une récession. Mais la proportion de la courbe inversée serait moindre que par le passé et fruit d’une exagération liée au discours plus accommodant des banques centrales. En Europe, où la conjoncture économique s’affaiblit, la BCE a notamment annoncé de nouvelles opérations d’injections de liquidités aux banques et reporté à 2020 au plus tôt une hausse de taux d’intérêt.

Le gouvernement et le parlement britannique vont procéder à une nouvelle série de votes indicatifs pour essayer de trouver une solution afin d’éviter une sortie sans accord le 12 avril. Le Royaume-Uni pourrait aussi solliciter un report long du Brexit, ce qui obligerait à participer aux élections européennes qui se tiendront du 23 au 26 mai. 

La volonté de trouver un accord concernant le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine plaît aux investisseurs. Une nouvelle série de négociations commerciales, qui pourraient durer plusieurs semaines, va s’ouvrir ce mercredi lors de la visite du président chinois XI. Il subsiste plusieurs points de friction. Larry Kudlow, le conseiller économique à la Maison blanche, a cependant déclaré que certains droits de douane sur les produits chinois pourraient être supprimés dans le cadre d’un compromis. 

D’ailleurs, les perspectives économiques chinoises s’améliorent. Les mesures de soutien de ces derniers mois commencent à porter leurs fruits. De fortes réductions d’impôts et des hausses de dépenses d’infrastructures ont été annoncées. Une baisse de la TVA s’applique à partir de ce 1er avril et les tarifs de l’électricité à usage industriel et commercial seront réduits. La santé du secteur manufacturier s’est rétablie de manière inattendue en mars. L’ISM manufacturier chinois est ressorti au-dessus des attentes à 50.5, un signal très encourageant pour les marchés boursiers.

Recommandations

Nestlé (ISIN: CH0038863350, prix: CHF 94,90)

L’entreprise veveysanne continue sa progression en bourse. L’action de Nestlé a inscrit plusieurs plus-hauts historiques ces derniers temps, offrant également un sérieux coup de pouce au SMI, l’indice-phare des blue chips suisse. L’année 2018 laisse aux investisseurs un fort goût amer en termes de performance, surtout au sein des valeurs secondaires. Nestlé, quant à elle, a seulement cédé 2% sur l’année entière. En 2019, le cours du titre affiche une performance de +20%. Seule Lafarge fait mieux, alors que le membre médian du SMI a progressé de 12% «seulement».

Même si sa valorisation n’apparaît pas exorbitante sur la base du ratio cours/bénéfice, les perspectives de croissance ne sont pas très séduisantes: Nestlé table sur une croissance des ventes d’environ 5% pour 2019. Toutefois, les investisseurs plébiscitent cette valeur pour ses aspects défensifs, lui conférant des caractéristiques obligataires. Le rendement du dividende est d’autant plus attrayant que le rendement de l’emprunt de la Confédération à 10 ans est redescendu en territoire négatif, à -0,4%.

Ce titre fait partie de nos investissements en mandat.

Lyft (ISIN: US5508781049, prix: USD 78.29)

Lyft a fait son introduction en bourse (IPO) vendredi dernier. C’est la plus grande IPO depuis celle d’Alibaba en 2014. Basée à San Francisco, la compagnie est la principale concurrente d’Uber technologies dans les services de véhicules de transport avec chauffeur. Elle opère dans 30 villes américaines et aussi à Toronto.

32,5 millions d’actions ont été mises sur le marché au prix de 72 dollars pour lever 2,35 milliards de dollars. Après un rebond à l’ouverture à 87 dollars, le titre s’est replié vers 78 dollars, ce qui met la capitalisation boursière totale à 22,4 milliards de dollars, une valorisation qui reste très élevée. 

Lyft se situe du bon côté de la tendance démographique avec un large marché potentiel pour les services en ligne de mobilité. Elle enregistre une croissance rapide de son chiffre d’affaires. Celui-ci a doublé en 2018 pour se situer à 2,6 milliards de dollars. 

Mais la société n’a pas encore réussi à générer un profit. Elle brûle du cash, avec une perte de 911 millions de dollars sur l’année 2018. La structure de coûts est élevée et elle doit continuer à faire de lourds investissements.

La route semble longue avant que LYFT soit susceptible d’améliorer ses marges et générer une trésorerie positive. Le passage aux véhicules autonomes constitue à terme un frein à son expansion.

*Responsable de la gestion discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

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