Total affiche son optimisme malgré le pétrole bas

jeudi, 09.02.2017

Malgré un marché encore difficile, Total affiche son optimisme: le géant pétrogazier français entend poursuivre les efforts qui lui ont permis de résister en 2016, en conséquence de quoi il a décidé d'augmenter son dividende.

Dans un marché plombé par une offre excédentaire, Total se targue de tirer son épingle du jeu.

"Les résultats sont bons malgré un environnement en baisse", marqué par un repli de 17% du prix moyen du pétrole et de 25% de celui du gaz l'an dernier, a relevé le PDG de Total, Patrick Pouyanné, lors d'une rencontre avec des journalistes.

Dans ce marché plombé par une offre excédentaire, Total se targue de tirer son épingle du jeu par rapport aux autres "majors" du secteur grâce une production d'hydrocarbures en hausse, une activité de raffinage-chimie solide et une stricte discipline sur les dépenses qui lui ont permis d'abaisser son "point mort". Ce seuil de rentabilité devrait s'établir sous les 40 dollars le baril avant dividende en 2017.

En 2016, le groupe a dégagé un bénéfice net en hausse de 22% à 6,2 milliards de dollars grâce à des dépréciations moindres qu'en 2015. Mais le bénéfice net ajusté, indicateur scruté par le marché qui exclut des éléments exceptionnels, a pour sa part chuté de 21% à 8,3 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires en repli de 9% à 149,7 milliards.

Au quatrième trimestre en revanche, l'activité a rebondi de 12% à 42,3 milliards de dollars et le résultat net ajusté s'est accru de 16% à 2,4 milliards tandis que le résultat net est repassé dans le vert, soutenus par un rebond des prix autour de 50-55 dollars le baril à la suite d'un accord de limitation de la production par l'Opep et d'autres pays producteurs comme la Russie.

Vers 09H40 (08H40 GMT), l'action Total prenait 0,11% à 46,88 euros à la Bourse de Paris, dans un marché en hausse de 0,25%. Les analystes de RBC Capital Markets saluent des "résultats solides" tandis qu'un analyste parisien estime que "Total devrait surperformer ses concurrents à court et moyen terme".

"Volatilité"

Le marché pétrolier n'est pas stabilisé pour autant, a prévenu Patrick Pouyanné: l'or noir valant toujours moitié moins que son niveau de la mi-2014 et les stocks accumulés restant importants, il a dit encore s'attendre à "une certaine volatilité" en 2017.

"Je suis surtout optimiste parce ce qu'on contrôle, on le contrôle bien (...) On a démontré qu'on était capable de s'adapter", a-t-il ajouté.

Signe de sa confiance dans sa stratégie qu'il compte poursuivre en 2017, Total a prévu de porter son dividende au titre de 2016 de 2,44 à 2,45 euros par action, payables en numéraire ou en actions, ce qui se traduira par le versement d'un dernier acompte trimestriel en hausse de 1 centime à 62 centimes.

"Compte tenu de la qualité des résultats de l'année et des perspectives de croissance des cash flow, on se sent maintenant suffisamment confiant (...) pour reprendre une politique de retour à l'actionnaire alors qu'on leur a demandé pendant deux ans d'attendre", a commenté M. Pouyanné.

Parmi les autres "majors", seul l'américain Chevron a augmenté la rémunération de ses actionnaires, Shell, BP et Exxonmobil ayant décidé de la maintenir inchangée.

Après 18,3 milliards de dollars en 2016, Total prévoit de réduire ses investissements à un "niveau pérenne" de 16-17 milliards cette année et vise une baisse des coûts de 3,5 milliards de dollars, avant d'atteindre 4 milliards en 2018.

En 2016, la réduction des coûts s'est élevée à 2,8 milliards de dollars, notamment dans la production où ils ont été presque divisés par deux depuis 2014, à 5,9 dollars par baril équivalent pétrole (bep). Ces coûts de production devraient continuer à se replier, à 5,5 dollars cette année puis à 5 dollars en 2018.

Les dépenses d'exploration devraient également reculer, de 1,4 milliard de dollars en 2016 à 1,250 milliard cette année.

La production est pour sa part attendue en hausse de 4% cette année, et de 5% en moyenne annuelle entre 2014 et 2020, Total entendant tirer parti de la baisse des coûts dans le secteur pour lancer une dizaine de projets pétroliers et gaziers à marges plus élevées dans les 18 prochains mois.

En 2016, sa production d'hydrocarbures du groupe a augmenté de 4,5% à 2,452 millions de bep par jour. (awp)


 

 
 



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