Les banques privées face à un contexte négatif en Suisse

jeudi, 07.09.2017

Malgré les mutations, les banques privées opérant en Suisse sont toujours dans un contexte difficile relève la société de conseil KPMG.

L'étude annuelle menée par KPMG et l'Université de Saint-Gall porte sur plus de 80 banques privées opérant en Suisse. (Keystone)

Le contexte est difficile pour les banques privées en Suisse. Dans l'ensemble, les principaux indicateurs de la branche révèlent une situation toujours négative, affirme mercredi la société de conseil KPMG, dans son étude annuelle.

Les changements de modèle d'affaires opérés par certains établissements devraient porter leurs fruit à terme.

En 2016, la masse sous gestion des banques sollicitées par KPMG a reculé de 3%, pour un reflux net de 43 milliards de francs. Cette baisse est à mettre sur le compte de la réorientation stratégique des grandes et moyennes institutions financières, qui ont réduit certains segments de clientèle. L'entrée en vigueur au 1er janvier 2017 de l'échange automatique de renseignement en matière fiscale (EAR) constitue un autre facteur.

L'étude démontre par ailleurs que la croissance des avoirs gérés repose à 73% sur des activités de fusions/acquisitions depuis 2010. En tout, 90% de cette progression est imputable aux grandes banques privées.

Le ratio coûts/revenus moyens s'est fixé en 2016 à 84,4%, le niveau le plus élevé, donc le plus mauvais, des sept dernières années. En dépit des réductions de coûts, les institutions financières privées n'ont pas réussi à diminuer les coûts suffisamment vite pour compenser la baisse rapide de la base de revenus, explique le communiqué.

Un autre indicateur affiche un niveau peu flatteur, à savoir le rapport entre les produits d'une banque et les avoirs gérés en moyenne ou marge des revenus opérationnels. Cette dernière a reculé à 89 points de base (pb) — un plancher historique— contre 108 pb en 2010. La réduction des produits nets des commissions liés à la prudence des clients et la concurrence accrue ont pesé sur la performance des banques.

 

La consolidation se poursuit

Dans les opérations d'intérêts, les recettes ont repris une pente ascendante grâce à l'augmentation du taux directeur de 25 points de base par la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre 2015.

Le bilan s'avère également médiocre du côté du rendement des fonds propres, qui ont oscillé dans une fourchette comprise entre 7% et 10%. Ce niveau est inférieur à celui escompté par les analystes de marché, souligne KPMG.

La consolidation a fortement ralenti l'année dernière. Après une année 2015 marquée par neuf reprises de banques privées, le nombre de transactions a reculé à deux. Selon l'étude, les établissements ont défini plus étroitement leurs segments de clientèle cible, ce qui a restreint les velléités d'acquisition.

Le nombre de banques privées en Suisse a reculé à 112 au premier semestre 2017, contre 163 en 2010. Le nombre de petits établissements a décru de 39% à 64 sociétés (-41 unités), contre -22% (29 banques) à et -10% (19) pour respectivement les moyens et les grands.

La tendance devrait se poursuivre ces prochaines années, puisque de nombreuses petites banques privées figurent dans le groupe des "weak performers", c'est-à-dire des institutions à faible performance.

L'étude annuelle menée par KPMG et l'Université de Saint-Gall porte sur plus de 80 banques privées opérant en Suisse, sous l'aspect de la rentabilité, la croissance et le rapport coûts/efficacité. (awp)

 

 


 

 
 

 
 

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