Ma 3001e conférence publique et toujours la peur au ventre

mercredi, 06.03.2019

Céline Renaud*

Céline Renaud

Un vendredi soir vers 18 heures à notre showroom au Brassus, j’accueille une famille de dix personnes pour une «Dégustation de son» VVIP. Ils souhaitent passer un moment unique, inoubliable, pour se lier encore un peu plus. Et depuis 15 heures j’ai la boule au ventre. La peur est au rendez-vous. Comme toujours. Je souris intérieurement car je sais que la peur est ma meilleure alliée et sans elle, le résultat serait moins bon. Alors je suis confiante que cela va bien se passer...

Quand je donne un cours Parler en public avec le Storytelling, je commence souvent par demander qui a peur. La majorité acquiesce, d’autres n’osent pas se l’avouer. Et ceux qui disent ne pas avoir peur de parler en public vont souvent se déconnecter du public, aller trop vite et ne pas interagir avec les gens.

Alors comment traiter notre peur de parler en public? Il faut d’abord accueillir notre peur et la regarder droit dans les yeux. Sinon, nous la fuirons toujours et elle nous fera inlassablement peur. Ensuite, il s’agit de comprendre de quoi nous avons vraiment peur. «Est-ce que le public va nous juger? Est-ce qu’ils vont me comprendre?» Oui, le public va voir tout cela... et bien plus encore. Il va voir nos pensées les plus intimes. Alors il est important de se concentrer sur la bonne chose. «Suis-je bien habillée, coiffée, maquillée? Mon ventre ne dépasse-t-il pas trop? Le micro va-t-il fonctionner?» Toutes ces questions se concentrent sur le «moi» ou le «je». Si nous nous concentrons au contraire sur le public, pas le message que «je» dois délivrer mais véritablement sur ce que le public est venu chercher, alors la peur va s’atténuer, voire disparaître. Se concentrer sur l’autre permet d’aller à l’essentiel. Ne pas oublier de sourire et de s’amuser, cela paraît basique ou simpliste, mais pourtant c’est trop souvent oublié par les intervenants. Ce soir, cette famille est venue passer un moment de découverte partagée et de célébration de la jubilaire et c’est ce que vais tenter d’offrir.

D’ailleurs en anglais, ne dit-on pas pour le mot maladie «illness» qui commence par la lettre «i/I» qui veut dire «je» et pour le mot bien-être «wellness» qui commence par «we» qui signifie «nous»! Si nous nous concentrons sur le «nous» ou le «vous», c’est-à-dire que nous ne nous sentons plus séparés mais comme faisant partie d’un groupe ou de l’univers, la sensation de peur se transforme alors immédiatement en source de puissance et d’énergie.

Nous pouvons également faire un parallèle avec l’entreprise. Qui n’a jamais eu peur pour son entreprise? Soit parce qu’elle fait face à des challenges, soit à un succès qui nécessite un développement soulevant d’autres problématiques. Il faut rester concentré certes, mais encore une fois non sur l’entreprise uniquement, mais sur l’environnement: les clients, la concurrence et tous les stakeholders et influenceurs.

Dans notre ère des réseaux sociaux, des commentaires négatifs, voire malintentionnés et faciles qui foisonnent, il est alors primordial de les maîtriser pour éviter une dégénération rapide. Accueillir la peur, lui faire face, tirer suffisamment d’énergie pour agir est alors essentiel. Et se focaliser sur nos priorités qu’il faudra avoir définies avec un plan d’action et de délais est la clé. Et ne pas oublier de respirer, de s’amuser en partageant cette joie!

* CEO et fondatrice, JMC Lutherie






 
 

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