L’usine doit être considérée comme «numérique»

mardi, 05.02.2019

Xavier Comtesse / Dominique Duay*

Si l’on considère les nouveaux moyens électroniques et informatiques (hardware et software) dont disposent l’industrie aujourd’hui, l’usine doit être considérée comme «numérique». L’usine moderne est un processus continu dont la chaîne numérique constitue la «moelle épinière». 

De la conception à la production, de la logistique à l’expérience client, etc. tout y passe. Il n’y a aujourd’hui plus rien qui échappe à la transformation des tâches. C’est cela l’essence même de l’usine numérique: tout est connecté à tout!

Mais la constitution d’un tel processus a nécessité un changement radical dans la conception même de l’organisation de l’usine. Les nouveaux outils numériques sont nombreux: IoT, sensors/capteurs, chariots et véhicules autonomes, 3D printing, robots et bots, drones, big data, machine learning (ML), R/V (réalité virtuelle), etc. mais aussi les plateformes informatiques comme le cloud ou l’edge computing ou encore au niveau des télécoms la 5G. Bref, l’usine se révolutionne partout à la fois, c’est ce qui fait la complexité de la phase de transformation actuelle. 

Pour y mettre de l’ordre nous proposons une approche organisationnelle en trois étapes:

  • D’abord les données: celles-ci sont au cœur du changement. Nombreuses, voire très nombreuses, structurées ou pas du tout structurées, etc. elles représentent virtuellement l’ensemble des informations qui traversent l’usine. Sans elles pas de révolution. Cependant leur usage a changé. On peut les trouver classiquement dans la comptabilité ou beaucoup moins habituellement, dans des prévisions analytiques à base d’intelligence artificielle. C’est la multitude qui fait problème. Il s’agit donc d’abord d’avoir une véritable organisation des données. C’est la base absolue à tout évolution vers le numérique.
  • Ensuite les capteurs (ou l’Internet des Objets). En effet, dès lors que l’on a besoin de savoir il faut avoir des capteurs pour chercher l’information. Par exemple, un chariot qui se déplace seul dans les ateliers aura besoin d’innombrables capteurs pour reconnaître son chemin et éviter les obstacles. Les capteurs sont déjà omniprésents sur les outils, les machines-outils ou sur les véhicules. Demain, ils seront partout! 
  • Enfin les algorithmes, qu’ils soient classiquement déterministes comme dans la programmation informatique ou en robotique ou alors non déterministe comme en intelligence artificielle ou en machine learning (ML), vont devenir le savoir-faire de l’usine moderne. En quelque sorte, les algorithmes représentent toutes les procédures. Avec elles, on conçoit, fabrique, déplace et vend toutes choses. C’est avec les données le cœur de l’usine numérique.

Avec cette approche méthodologique simple, il est possible à chaque industrie d’évoluer vers le numérique. Il ne faut pas procéder autrement. La tentation de faire des projets partiels n’impliquant par exemple, qu’une partie des activités ne répond pas du tout à la vision de l’usine connectée et rend donc caduc toutes accumulations d’expériences. Non, définitivement il faut faire le pas de la révolution des données et des algorithmes. Certes vous pouvez vous faire aider mais ne commencez rien à moitié et ne vous trompez pas non plus de technologie. Sur ce dernier point, il faut attendre rendre attentif les politiques qui veulent une «ville intelligente» pour leurs citoyens. Il n’y a pas de «smart city» sans smart données, ni 5G! Il faut attendre la 5G pour entamer un développement IoT à grande échelle. Il y a un ordre à respecter.

*Mathématicien / Directeur régional Trivadis






 
 

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