LPP: un compromis fait un bon parapluie mais pas un bon toit

mardi, 14.07.2020

Une fois la révision de la LPP finalisée, il restera à régler le sort de l’AVS. Une réforme s’avère nécessaire pour la stabiliser, mais elle mettra beaucoup de temps avant d'aboutir. La prévoyance privée a donc un rôle à jouer en attendant. L'édito de Maude Bonvin.

Maude Bonvin, journaliste.

La réforme de la prévoyance professionnelle est le fruit d’un compromis. Compromis entre l’Union patronale suisse, Travail.Suisse et l’Union syndicale suisse. Et comme tout consensus, il a ses bons et mauvais côtés. Niveau points positifs, notons la baisse du taux de conversion et la fin de la discrimination qui pèse sur les travailleurs âgés. 

En cas de référendum, il faudra toutefois faire preuve de beaucoup d’engagement pour convaincre le peuple de cette diminution des prestations et proposer un mécanisme de compensation crédible. Rappelons que la Prévoyance vieillesse 2020 a été précisément rejetée par les Suisses en raison de sa contrepartie financière.

Pour l’heure, le supplément de rente financé solidairement par les employés et les employeurs suscite une levée de boucliers. Le Parlement va devoir trouver mieux, surtout en cette période difficile pour les entreprises du fait du coronavirus. 

Si elle améliore enfin le sort de certaines personnes à temps partiel, la révision de la loi aurait pu aller plus loin, en supprimant la déduction de coordination. Cette suppression présenterait aussi le mérite de simplifier un système complexe, dont la population se désintéresse.  

La proposition des partenaires sociaux est au final une réformette qui a le mérite d’exister. C’est un bon parapluie mais un mauvais toit. 

Une fois la révision de la LPP finalisée, il restera à régler le sort de l’AVS. Cette assurance a besoin de 26 milliards de francs d’ici à 2030 pour garantir ses prestations et assurer son équilibre financier. Une réforme s’avère donc urgente et nécessaire pour la stabiliser. 

En attendant, la promesse constitutionnelle d’une rente qui représente 60% du dernier salaire à la retraite est de moins en moins atteignable. 

La prévoyance privée a donc tout son rôle à jouer, devant des réformes qui mettront beaucoup de temps avant d’aboutir. Elle seule peut venir pallier les carences de l’AVS et du deuxième pilier.

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AGEFI



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